Référendum au Kurdistan irakien : quelle réponse internationale ?

La semaine dernière, la région semi autonome du Kurdistan a procédé à un referendum portant sur leur indépendance face à l’Irak. Ce referendum a enclenché plusieurs réactions politiques de pays importants voisins et lointains. Cet article commencera par énoncer les faits généraux concernant ce referendum. Il parlera ensuite des différentes réactions internationales et des enjeux politiques en découlant.

Cela fait plusieurs années qu’il est question de l’indépendance du Kurdistan. Plusieurs tentatives ont été annulées à cause des tensions déjà présentes dans la région et des pressions provenant des pays voisins et des Etats-Unis, du Royaume Uni et de l’Union Européenne pour abandonner le vote en faveur de discussions pacifiques avec Bagdad. Le 25 septembre 2017, la région semi autonome du Kurdistan située au nord de l’Irak a finalement procédé à un référendum proclamant son indépendance. Près de 93% des votes étaient positifs. Le Kurdistan a déclaré que le referendum serait contraignant malgré sa volonté de procéder à des négociations avec l’Irak en cas de vote positif. En revanche, l’Irak en conteste la légalité.

Réactions internationales

Le référendum a engendré de nombreuses réactions provenant de pays voisins et de grandes puissances mondiales. La plupart de ces réactions présentent une inquiétude générale, aussi bien dans les pays encourageant l’indépendance que dans les pays s’y opposant, face aux conséquences graves qui pourraient en découler.

Tout d’abord, les pays voisins dans lesquels une population kurde est aussi présente ont réagi fortement et négativement. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu le gouvernement régional du Kurdistan que ce referendum avait de grandes chances d’engendrer un conflit armé ethnique dans la région. Il a rajouté que des conséquences militaires et économiques pouvaient résulter de ce référendum et que le fait que le gouvernement Israélien reconnaisse leur indépendance ne les aidera pas. D’autres personnes politiques importantes du pays ont confirmé les propos du président en qualifiant la décision du Kurdistan d’erreur grave et irresponsable et de trahison.

Selon le gouvernement iranien, qui soutient l’intégrité territoriale de l’Irak, le référendum unilatéral est contraire à la constitution irakienne. La Syrie a déclaré qu’elle ne pourrait pas accepter la division de l’Irak et que l’indépendance nécessitait une provision légale provenant de la constitution irakienne afin d’être valable. Les Etats importants encourageant l’indépendance tels que les Etats-Unis et l’Israël sont tout de même inquiets par les conséquences pouvant résulter de ce référendum. Les américains, avant de préciser que cela ne changeait rien aux bonnes relations politiques qu’ils entretiennent avec les kurdes, ont annoncé que ce referendum pourrait ralentir l’exécution de priorités importantes dans la région, telles que la stabilisation, la résolution des conflits politiques et économiques internes ainsi que la défaite de l’Etat Islamique. Israël a affirmé son soutien au peuple kurde.

De nombreux Etats européens, tels que la France, la Belgique, l’Italie, la Grèce, la Pologne et la Suède ont déclaré qu’ils soutenaient le referendum et espéraient que la situation s’améliore rapidement. Le Royaume-Uni reconnaît le droit de chacun à la liberté et à prendre ses propres décisions mais rajoute que le moment choisi pour déclarer son indépendance n’est pas idéal et qu’il faut tout d’abord régler d’autres problèmes plus importants.

Conclusion

Nous pouvons donc constater que les réactions principales consistent plutôt en de l’inquiétude et de la pression politique de pays voisins n’étant pas favorables à cette indépendance. L’opinion générale est d’avis que ce referendum pourrait fortement affaiblir le gouvernement irakien et le gouvernement régional kurde et créer plus de tensions dans le pays même et dans la région qui l’entoure. Cette région est effectivement victime de grands conflits depuis plusieurs années. Les relations politiques et économiques sont lourdes d’histoires compliquées et fragiles qui pourraient facilement et violement être déstabilisées par ce type de changement.

Taline Bodart