« L’organisation de l’Etat islamique a toujours une force de nuisance »

« L’organisation État islamique est toujours en opération séduction et n’a pas dit son dernier mot », estime vendredi 14 décembre sur franceinfo, Hasni Abidi, politologue spécialiste du monde arabe, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) à Genève, après la revendication par Daech de l’attentat de Strasbourg et la mort de Cherif Chekatt, le principal suspect.

« Les combattants sont dispersés et le centre de commandement de Daech est éclaté, mais l’organisation n’a pas perdu sa capacité opérationnelle : certes, le nombre d’opérations a faibli, mais elle a toujours cette force de nuisance », estime le spécialiste. « Daech peut toujours organiser, commander et surtout revendiquer. C’est peut-être l’élément le plus important et dangereux : que des éléments ici ou là peuvent faire offre de service à l’Etat islamique ».

« Ces revendications sont très importantes pour l’organisation. Daech veut montrer aux gouvernements de la région, comme l’Irak et la Syrie, mais surtout à ses futurs éléments, qu’elle existe toujours ». Hasni Abidi estime donc que « le processus de lutte contre l’État islamique doit être multidimensionnel. Pas seulement l’idéologie, la lutte contre le radicalisme, car on a bien vu dans le cas de Strasbourg : difficile de dire que Cherif Chekatt avait un bagage idéologique ».

« C’est tout le paradoxe et la faiblesse des services de renseignement », conclut le spécialiste. « Des personnes vulnérables peuvent à tout moment trouver un alibi, un vernis, un argument pour passer à l’acte. Ensuite, l’organisation État islamique peut passer derrière pour revendiquer et légitimer son acte. D’ailleurs sur l’attentat de Strasbourg, le communiqué de son agence de propagande est clair, il dit ‘il a répondu à nos appels’. Daech a juste fait le service derrière ».

 

FranceInfo