Réunis par la LIM, des oulémas exigent la fin de l’apartheid du genre en Afghanistan
Manifestation pour les libertés aux femmes
A l’initiative de la Ligue islamique mondiale et son secrétaire général, Cheikh Mohammed Al-Issa, plusieurs érudits et figures de l’islam ont tenté de trouver une plateforme commune pour convaincre les Talibans au pouvoir en Afghanistan de l’absurdité de leur politique à l’égard des femmes.
Une réunion pas comme les autres s’est tenue au cœur du monde musulman. Une ville qui a toute sa signification historique et religieuse, La Mecque. A l’initiative de la Ligue islamique mondiale et son secrétaire général, Cheikh Mohammed Al-Issa, plusieurs érudits et figures de l’islam ont tenté de trouver une plateforme commune pour convaincre les Talibans au pouvoir en Afghanistan de l’absurdité de leur politique à l’égard des femmes. Depuis leur retour au pouvoir, les Talibans ont mené une politique restrictive en matière des libertés. Interdire l’accès à l’école aux jeunes filles et interdire le travail des femmes ont non seulement choqué les Afghans mais aussi les organisations internationales chargées de fournir une assistance aux afghans.
La deuxième surprise provient des milieux religieux en dehors de l’Afghanistan. Quand ces derniers ont appris que le gouvernement des Talibans affirme que leur politique envers les femmes est basée sur la loi islamique.
Les décisions à l’encontre des femmes vont à l’encontre des principes énoncés
Cette séquence a mobilisé des cercles religieux parrainés par la Ligue islamique mondiale qui, d’emblée, parle d’une interprétation fondamentalement biaisée et sélective des textes islamiques, ce qui signifie que les décisions à l’encontre des femmes vont à l’encontre des principes énoncés. L’approche des oulémas initiée à la Mecque consiste à démontrer que les Talibans, depuis leur retour au pouvoir en Afghanistan en 2021, les femmes se sont vu refuser le droit à l’éducation, à l’accès aux lieux publics, aux écoles, aux universités et au marché de l’emploi. Une politique qui va les rendre définitivement dépendantes des hommes. Ceux qui qui n’ont pas un membre proche masculin, sont livrée à la rue. C’est une politique qui nuit aux femmes afghanes, à la société afghane, à son développement et à l’image de l’islam à l’étranger. Un politique archaïque qui élimine plus de la moitié de la population.
Face à cette situation, plusieurs figures de l’islam et de nombreuses institutions, y compris la Ligue mondiale musulmane, la plus grande organisation non gouvernementale du monde islamique, ont appelé à cette réunion pour proposer une nouvelle approche avec les Talibans sur la question des femmes. Cette rencontre historique s’est basée sur une pratique islamique appelée (Ijma, consensus), et durant deux jours, les représentants de la diversité de l’islam ont condamné unanimement toutes les pratiques qui ne représentent pas un islam ouvert et tolérant. Allusion aux instructions des Talibans sur les femmes.
Le droit à l’éducation et au travail ne sont pas négociables
La réunion est allée loin dans l’une des questions importantes : les mauvais traitements continus infligés aux femmes par les Talibans. Un traitement qui équivaut selon les oulémas à un Apartheid genré, un type sévère d’apartheid. Les érudits musulmans ont insisté sur leur engagement en faveur de la présence et de la participation dans la cité. Le droit à l’éducation et au travail ne sont pas négociables. La réunion de La Mecque est une contribution certes graduelle mais prometteuse en faveur du changement et aborde avec une nouvelle et ambitieuse approche des questions liées au dorme religieux.
Cette rencontre a privé les Talibans de toute légitimité religieuse invoquée par leurs chefs en matière des femmes. La fin de cette politique d’apartheid envers les femmes et le début de la fin d’un dogme révolu. Les résultats de la conférence ont été retentissants car de nombreux dirigeants politiques des Talibans ont affiché leur désaccord avec la politique injuste des Talibans à l’égard des femmes. Un indicateur positif d’une prise de conscience de la gravité d’un apartheid destructeur.
CERMAM