{"id":1987,"date":"2026-02-20T17:17:01","date_gmt":"2026-02-20T16:17:01","guid":{"rendered":"https:\/\/cermam.org\/fr\/?p=1987"},"modified":"2026-02-20T23:46:49","modified_gmt":"2026-02-20T22:46:49","slug":"la-justice-et-le-hirak-beni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cermam.org\/fr\/la-justice-et-le-hirak-beni\/","title":{"rendered":"\u00a0La justice et le\u00a0\u00ab\u00a0Hirak\u00a0b\u00e9ni\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Ch\u00e9rif Bennadji, Professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d\u2019Alger 1 &#8211; Facult\u00e9 de droit.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En date du 10 f\u00e9vrier 2019, le pr\u00e9sident Abdelaziz Bouteflika, pourtant gravement malade, annonce dans une lettre \u00e0 la Nation sa candidature \u00e0 la magistrature supr\u00eame pour un cinqui\u00e8me mandat, l\u2019\u00e9lection devant \u00eatre organis\u00e9e le 18 avril. Les premi\u00e8res manifestations de rejet de cette candidature sont enregistr\u00e9es dans deux villes moyennes de l\u2019est du pays&nbsp;: Kherrata le samedi 16 et Khenchela le mardi 19 f\u00e9vrier 2019. Dans la foul\u00e9e, est diffus\u00e9 sur Internet (via le r\u00e9seau Facebook), un appel anonyme \u00e0 manifester massivement contre le projet du cinqui\u00e8me mandat, pour le vendredi 22 f\u00e9vrier 2019, apr\u00e8s la grande pri\u00e8re hebdomadaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Effectivement, la r\u00e9ponse populaire \u00e0 cet appel fut extraordinaire, faisant du 22 f\u00e9vrier 2019&nbsp;&nbsp;le point de d\u00e9part d\u2019un processus r\u00e9volutionnaire qualifi\u00e9 par le Doyen Madjid Benchikh de \u00ab&nbsp;soul\u00e8vement populaire&nbsp;\u00bb, mais d\u00e9sign\u00e9, d\u00e9sormais, le plus fr\u00e9quemment&nbsp;&nbsp;par le terme de HIRAK (ou de HARAK par les puristes de la langue arabe) qui se concr\u00e9tise, par de grandioses marches pacifiques dans la plupart des grandes et moyennes villes de l\u2019ensemble du pays, organis\u00e9es chaque vendredi par la population et chaque mardi par les \u00e9tudiants et les universitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement social qui s\u2019\u00e9branle en ce vendredi 22 f\u00e9vrier 2019, sera tr\u00e8s vite et r\u00e9guli\u00e8rement renforc\u00e9 par de multiples formes de manifestations cat\u00e9gorielles n\u2019\u00e9pargnant pratiquement aucun secteur d\u2019activit\u00e9. Cependant dans la pr\u00e9sente chronique, nous nous limiterons \u00e0 rendre compte d\u2019un fait majeur, la participation \u00e0 la fois surprenante et exceptionnelle d\u2019un grand corps d\u2019Etat, gardien naturel de l\u2019ordre, la magistrature. Cet engagement fera cependant illusion, le nouveau pouvoir reprenant le contr\u00f4le- maitrise (qu\u2019il faut distinguer du simple contr\u00f4le-surveillance) sur l\u2019ensemble du secteur de la justice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des&nbsp;Magistrats&nbsp;rejoignent le&nbsp;Hirak<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Selon le quotidien El Watan du 8 mars, des juges en exercice dans les diff\u00e9rents tribunaux et cours d\u2019Alg\u00e9rie sont en col\u00e8re contre leur syndicat national unique (SNM). Ils lui reprochent de s\u2019\u00eatre confin\u00e9 dans un mutisme et de ne pas avoir affich\u00e9 sa position publiquement par rapport aux manifestations populaires pacifiques que la majorit\u00e9 des magistrats soutient inconditionnellement. Rappelant qu\u2019ils sont citoyens alg\u00e9riens avant d\u2019\u00eatre magistrats et que les sentences judiciaires sont prononc\u00e9es au nom du peuple, ces juges menacent fermement leur syndicat&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Si le SNM tarde encore \u00e0 exprimer son soutien \u00e0 la d\u00e9marche pacifique du peuple alg\u00e9rien et son rejet du cinqui\u00e8me mandat, nous sortirons dans la rue pour le scander publiquement \u00e0 sa place&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 8 mars \u00e9galement, sur la presse \u00e9lectronique extr\u00eamement active, des magistrats, sans doute \u00e0 cause de la sacro-sainte obligation de r\u00e9serve qui p\u00e8se lourdement sur eux, communiqueront, fait surprenant, par le biais d\u2019un avocat, Salah Debouz, militant des droits de l\u2019homme, extr\u00eamement courageux et tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9. L\u2019avocat d\u00e9clare avoir re\u00e7u des informations de la part de membres d\u2019un syndicat de magistrats en voie de constitution, \u00ab&nbsp;le club des juges&nbsp;\u00bb.&nbsp;Revendiquant un millier d\u2019adh\u00e9rents, cette organisation d\u00e9clare soutenir le mouvement populaire national. De m\u00eame qu\u2019elle s\u2019engage \u00e0 ce que les juges n\u2019encadreront pas les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles projet\u00e9es, sachant que les commissions \u00e9lectorales sont compos\u00e9es, pour moiti\u00e9, de magistrats. Qui plus est, ce syndicat appelle \u00e0 un arr\u00eat de travail dans toutes les juridictions d\u2019Alg\u00e9rie pour le lundi 10 mars.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Lors de cette gr\u00e8ve un communiqu\u00e9 comprenant trois points importants, devrait \u00eatre lu&nbsp;: 1) refus de juger les citoyens poursuivis \u00e0 cause de leur participation au mouvement de contestation&nbsp;; 2) rejet de la candidature de Bouteflika puisqu\u2019elle va \u00e0 l\u2019encontre de la constitution&nbsp;; 3) refus de participer aux commissions \u00e9lectorales dans le cas o\u00f9 les \u00e9lections ne respecteraient pas les lois de la constitution (sic).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Maitre Salah Debouz informe \u00e9galement l\u2019opinion publique que deux magistrats ont \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s par la hi\u00e9rarchie judiciaire et qu\u2019ils sont sur le point de comparaitre devant la redoutable et redout\u00e9e inspection g\u00e9n\u00e9rale du minist\u00e8re de la justice. Le premier de ces magistrats, dont il faut d\u2019embl\u00e9e retenir le nom, est Issad Mabrouk, pr\u00e9sident de chambre \u00e0 la cour de Bejaia, capitale de la petite Kabylie&nbsp;: quant au second, Desdous Hichem, il est procureur adjoint de la cour de S\u00e9tif.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cons\u00e9cutivement \u00e0 ces pressions qualifi\u00e9es de d\u00e9passements, l\u2019avocat nous apprend enfin qu\u2019en solidarit\u00e9 avec ces deux magistrats, cinq juges \u00e9lus au sein du Conseil Sup\u00e9rieur de la Magistrature ont d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9missionner, ce qui devrait neutraliser la proc\u00e9dure disciplinaire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>&nbsp;Le 11 mars, la population alg\u00e9rienne (mais pas seulement en r\u00e9alit\u00e9) d\u00e9couvre, m\u00e9dus\u00e9e, qu\u2019\u00e0 partir de la ville de Bejaia (capitale de la petite Kabylie, elle est assez proche de la ville pionni\u00e8re de Kherrata), des magistrats investissent l\u2019espace public, violant leur l\u00e9gendaire obligation de r\u00e9serve et se d\u00e9clarent contre le cinqui\u00e8me mandat.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les 13 et 14 mars, les magistrats des autres r\u00e9gions du pays (Tizi Ouzou, Boumerdes, Bouira, Alger, Constantine, Jijel, Msila, Skikda, Guelma, Chlef, El Tarf, Oran, Relizane, Sidi Bel Abbes, Ain Temouchent, Biskra, Ouargla\u2026) rejoignent le mouvement enclench\u00e9 \u00e0 partir de la cour de justice de Bejaia.<\/p>\n\n\n\n<p>A Alger, les magistrats de la&nbsp;Cour des Comptes (une institution r\u00e9duite pratiquement \u00e0 n\u00e9ant sous le r\u00e8gne de Bouteflika, sans doute parce qu\u2019elle l\u2019avait condamn\u00e9 et donc humili\u00e9 dans les ann\u00e9es quatre-vingt) sortent timidement de leur silence en observant un sit-in dans l\u2019enceinte m\u00eame de leur institution, contrairement \u00e0 leurs coll\u00e8gues de&nbsp;&nbsp;l\u2019autorit\u00e9 judiciaire qui investissent l\u2019espace public, encourag\u00e9s par les avocats extr\u00eamement actifs et accompagn\u00e9s par les greffiers, les huissiers, les notaires.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019avis de tous les observateurs, ce mouvement exceptionnel est unique dans l\u2019histoire de la magistrature alg\u00e9rienne depuis l\u2019ind\u00e9pendance du pays en 1962&nbsp;! D\u00e8s le 11 mars, le puissant ministre de la Justice (car faisant partie du premier cercle pr\u00e9sidentiel) Tayeb Louh, rappelle les magistrats \u00e0 leurs obligations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Selon le quotidien gouvernemental El Moudjahid dans sa livraison du 12 mars, le ministre a ainsi rappel\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019engagement des magistrats, en toutes circonstances, \u00e0 se conformer \u00e0 l\u2019obligation de r\u00e9serve et \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de tout ce qui pourrait attenter \u00e0 leur impartialit\u00e9 et \u00e0 leur ind\u00e9pendance&nbsp;\u00bb. Les magistrats se doivent&nbsp;\u00ab&nbsp;de faire preuve d\u2019\u00e9quit\u00e9, de loyaut\u00e9, de probit\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9 aux principes de justice&nbsp;\u00bb.&nbsp;De m\u00eame qu\u2019ils se doivent d\u2019adopter une position absolument neutre face \u00e0 la conjoncture que vit actuellement le pays. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le recours \u00e0 la loi et \u00e0 l\u2019\u00e9thique \u00e9tant probablement insuffisant en la circonstance, le ministre se situera \u00e9galement sur le registre de la morale, afin de culpabiliser les magistrats jug\u00e9s ingrats et quelques peu oublieux \u00ab&nbsp;des efforts consid\u00e9rables engag\u00e9s dans le domaine de la r\u00e9forme de la justice mise en \u0153uvre depuis maintenant deux d\u00e9cennies, sous la bienveillance de son excellence le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, Abdelaziz Bouteflika.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la suite de cette mise en garde du ministre, des pr\u00e9sidents de juridictions et des procureurs g\u00e9n\u00e9raux quelque peu z\u00e9l\u00e9s prendront des sanctions \u00e0 l\u2019\u00e9gard de magistrats engag\u00e9s ouvertement dans le mouvement populaire et, \u00e0 ce titre, ayant refus\u00e9 de poursuivre des manifestants. Des rumeurs persistantes font \u00e9tat de l\u2019\u00e9laboration de listes de magistrats impliqu\u00e9s dans le Hirak ainsi que de mutations, suspensions voire radiations de pr\u00e8s d\u2019une centaine de juges. Mais la r\u00e9action du corps de la magistrature sera extr\u00eamement forte et recevra l\u2019appui des avocats, acteurs importants du Hirak \u00e0 ses d\u00e9buts, ainsi que de la ligue alg\u00e9rienne de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme (LADDH) dont le pr\u00e9sident d\u2019honneur est Maitre Ali Yahia Abdenour, le pr\u00e9sident en exercice \u00e9tant un avocat courageux, maitre Nourredine Benissad. Les magistrats qui d\u00e9clarent refuser d\u00e9sormais d\u2019appliquer les injonctions de la chancellerie organiseront un important sit-in, rev\u00eatus de leur robe, devant le minist\u00e8re de la Justice. Lors de cet \u00e9v\u00e9nement inimaginable un mois auparavant, les d\u00e9clarations faites par les diff\u00e9rents intervenants \u00e0 visage d\u00e9couvert et publiquement, sont qualifi\u00e9es, par le quotidien Libert\u00e9 du 23 mars, d\u2019&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<\/strong>historiques&nbsp;\u00bb. Les magistrats qui exigent la concr\u00e9tisation du principe de l\u2019ind\u00e9pendance de la magistrature vont encore plus loin dans leurs revendications&nbsp;: d\u00e9sormais c\u2019est la probl\u00e9matique d\u2019une justice libre qui est \u00e0 l\u2019ordre du jour. A partir de cet \u00e9v\u00e9nement, dans les slogans port\u00e9s aussi bien par les magistrats que par \u00ab&nbsp;les marcheurs du vendredi et du mardi&nbsp;\u00bb, il sera tr\u00e8s fr\u00e9quemment question d\u2019une \u00ab&nbsp;justice ind\u00e9pendante et libre&nbsp;\u00bb. Un des slogans embl\u00e9matiques scand\u00e9s de mani\u00e8re it\u00e9rative \u00e0 travers le pays exige de \u00ab&nbsp;lib\u00e9rez la justice&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Le th\u00e8me de la lib\u00e9ration de la justice prendra le pas sur celui de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que le grand mouvement du Hirak se propose de reprendre un processus historique interrompu et d\u00e9voy\u00e9 en 1962, ce qui a fait dire \u00e0 un \u00e9minent \u00e9crivain alg\u00e9rien (Rachid Mimouni) que le fleuve avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9. Quant \u00e0 l\u2019ancien ministre de l\u2019\u00c9conomie, qui appartenait \u00e0 l\u2019\u00e9quipe des r\u00e9formateurs sous la houlette de Mouloud Hamrouche, la lib\u00e9ration de l\u2019Alg\u00e9rie est tout simplement inachev\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Pour les acteurs du Hirak, en 1962, les Alg\u00e9riens ont acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance (qui se dit Istiqlal en langue arabe) mais ils n\u2019ont jamais gout\u00e9 \u00e0 la Libert\u00e9 (Houriya). C\u2019est donc dans cet \u00e9tat d\u2019esprit g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019il faut replacer l\u2019exigence d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;une justice libre&nbsp;\u00bb, d\u00e9passant la th\u00e9matique d\u2019une justice ind\u00e9pendante, tellement galvaud\u00e9e et qui n\u2019a jamais eu de r\u00e9alit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour rappel, cette derni\u00e8re th\u00e9matique est relativement r\u00e9cente dans l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie puisqu\u2019elle n\u2019a \u00e9t\u00e9 reconnue qu\u2019en f\u00e9vrier 1989 \u00e0 la faveur de la cons\u00e9cration du principe de la s\u00e9paration des pouvoirs dans la premi\u00e8re constitution lib\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Le slogan portant l\u2019exigence d\u2019une justice libre est d\u00e9clin\u00e9 dans diverses formules et langues. A ce niveau de l\u2019analyse, on mettra l\u2019accent sur celui, qui \u00e0 nos yeux, a eu la port\u00e9e la plus importante. Il \u00e9tait libell\u00e9 comme suit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Lib\u00e9rez la justice et la justice fera le reste&nbsp;!&nbsp;\u00bb C\u2019est assez dire que la justice est pr\u00e9sent\u00e9e comme devant constituer l\u2019alpha et l\u2019om\u00e9ga du processus r\u00e9volutionnaire en action. Ce qui fera dire, le 19 ao\u00fbt, \u00e0 Belkacem Zeghmati (sur lequel nous reviendrons), haut magistrat aur\u00e9ol\u00e9 d\u2019un grande consid\u00e9ration au sein du Hirak, au point o\u00f9 des rumeurs le donnaient comme futur premier ministre (un magistrat premier ministre&nbsp;!) en remplacement de Mr Bedoui honni par la population qui n\u2019a eu de cesse d\u2019exiger sa destitution, le nouveau ministre de la Justice nomm\u00e9 le 31 juillet&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;L\u2019appel \u00e0 la justice est, \u00e0 mon sens, le slogan dans lequel fusionnent toutes les revendications et les remplace dans leurs diversit\u00e9 et pluralit\u00e9.&nbsp;\u00bb. Dans cette perspective les magistrats ayant rejoint le Hirak exigent la r\u00e9ouverture de tous les dossiers en rapport avec des affaires de corruption mises sous le boisseau ou b\u00e2cl\u00e9es lors de parodies de proc\u00e8s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du sit-in exceptionnel des magistrats tenu le 12 avril devant le si\u00e8ge du minist\u00e8re de la Justice, le porte-parole du club des magistrats libres, rappelle qu\u2019il faut \u00ab&nbsp;lib\u00e9rer la justice&nbsp;\u00bb pour pouvoir ouvrir des enqu\u00eates sur toutes les affaires de corruption&nbsp;&nbsp;qui rongent le pays. A cet effet il invite l\u2019ensemble des citoyens \u00e0 d\u00e9noncer les actes de corruption qui rongent le pays et exige \u00ab&nbsp;la lev\u00e9e de l\u2019approbation pr\u00e9alable du minist\u00e8re de la justice pour engager la proc\u00e9dure judiciaire dans les affaires de corruption&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi donc, d\u00e8s l\u2019entame de ce mouvement, l\u2019opinion publique d\u00e9couvre l\u2019existence d\u2019un syndicat des magistrats en voie de constitution, concurrent du syndicat officiel de la magistrature (cr\u00e9\u00e9 en 1990) que pr\u00e9side l\u2019inamovible (sic&nbsp;!) Djamel Laidouni qui en \u00e9tait \u00e0 son troisi\u00e8me mandat cons\u00e9cutif et que dirigea, quelques ann\u00e9es avant lui Tayeb Louh, le puissant ministre de la Justice en exercice. D\u00e9nomm\u00e9 \u00ab le club&nbsp;des magistrats libres&nbsp;\u00bb (ou parfois \u00ab&nbsp;le club des magistrats alg\u00e9riens&nbsp;\u00bb) ce nouveau syndicat con\u00e7u par quatre magistrats, \u00e9tait en gestation depuis plusieurs ann\u00e9es. Selon son porte-parole Saad Eddine Merzougui, juge d\u2019instruction dans le ressort territorial de la cour d\u2019El Oued (dans le sud-est du pays), sa cr\u00e9ation remonte \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2016. Les lin\u00e9aments d\u2019une telle organisation nationale et autonome pourraient m\u00eame trouver leur source dans l\u2019importante action entreprise en janvier 2013 par quatre magistrats (dont deux femmes) de la juridiction de In Salah, qui se situe au centre de l\u2019Alg\u00e9rie dans l\u2019extr\u00eame sud du pays. Apr\u00e8s une gr\u00e8ve de la faim, ces juges avaient rendu publique une lettre comportant onze revendications dont l\u2019interdiction des instructions verbales, la d\u00e9finition r\u00e9glement\u00e9e de l\u2019obligation de r\u00e9serve et la lev\u00e9e de toutes les pressions sur les magistrats. Re\u00e7us, sous le sceau de l\u2019urgence (car ayant \u00e9galement saisi le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, celui que l\u2019on se plait \u00e0 d\u00e9signer par la formule galvaud\u00e9e de \u00ab&nbsp;premier magistrat du pays&nbsp;\u00bb), par le ministre de la justice, Mohamed Charfi (sur lequel nous reviendrons), les gr\u00e9vistes, qui se sont exprim\u00e9s au nom de tous les magistrats du pays, ont notamment insist\u00e9 sur l\u2019absence de canaux de communication avec le minist\u00e8re et surtout sur&nbsp;\u00ab&nbsp;l\u2019injustice que subissent les juges \u00e0 travers le pays&nbsp;\u00bb.&nbsp;Par cette action extr\u00eame, les gr\u00e9vistes contribuaient \u00e0 mettre \u00e0 nu le syndicat officiel et souligner la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un autre type d\u2019organisation. Au mois de mai 2013, une importante r\u00e9union de jeunes magistrats essentiellement d\u00e9\u00e7us par le bilan de leur unique syndicat, se cl\u00f4ture par l\u2019annonce, pour le 5 juillet, de l\u2019assembl\u00e9e constitutive d\u2019une \u00ab&nbsp;association nationale des magistrats&nbsp;\u00bb. Cela ne fut cependant possible qu\u2019en 2016 dans des conditions tr\u00e8s difficiles de quasi-clandestinit\u00e9. Du reste selon le porte-parole du club des magistrats libres, le nombre de magistrats (essentiellement des jeunes) qui l\u2019avaient rejoint par vagues successives, \u00e9tait de l\u2019ordre de 2000 (\u00e0 un moment o\u00f9 le corps de la magistrature \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019un peu plus de 6000 juges dont 2800 femmes), chiffre qui sera cependant r\u00e9duit de moiti\u00e9 du fait des pressions, des menaces et des sanctions, les magistrats vivant dans un climat de peur entretenu par la redoutable inspection g\u00e9n\u00e9rale du minist\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est assez dire que l\u2019explosion sociale et l\u2019av\u00e8nement du Hirak seront une v\u00e9ritable aubaine pour les initiateurs de ce nouveau syndicat dont les membres se d\u00e9clarent d\u2019embl\u00e9e comme partie prenante de ce mouvement de lib\u00e9ration&nbsp;: la justice \u00e9tant rendue au nom du peuple, la place des juges doit naturellement et imp\u00e9rativement se trouver au sein de ce m\u00eame peuple dans ce moment historique exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tout se passe comme si un processus dialectique se mettait d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019\u0153uvre&nbsp;: le Hirak lib\u00e9rant la justice, celle-ci allait immanquablement contribuer \u00e0 son tour \u00e0 lib\u00e9rer la soci\u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e en Hirak, forme sui generis d\u2019organisation r\u00e9volutionnaire. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La lib\u00e9ration de la soci\u00e9t\u00e9, condition pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019\u00e9mergence et \u00e0 l\u2019existence d\u2019une authentique \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 civile&nbsp;\u00bb consubstantielle \u00e0 l\u2019Etat de droit selon les normes universelles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les slogans scand\u00e9s lors des marches populaires du vendredi et des manifestations estudiantines du mardi articulent judicieusement \u00ab&nbsp;justice libre et ind\u00e9pendante&nbsp;\u00bb,&nbsp;\u00ab&nbsp;Etat de droit&nbsp;\u00bb,&nbsp;\u00ab&nbsp;Etat civil&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 l\u2019aune de cette dialectique qu\u2019il faut donc \u00e9galement lire le slogan&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Lib\u00e9rez la justice, la justice fera le reste&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, apparu enfin au grand jour et pleinement engag\u00e9 dans le Hirak, le club des magistrats libres surprendra quelque peu les observateurs dans la mesure o\u00f9 il donnera l\u2019image d\u2019une organisation \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ex\u00e9cutant un agenda qui lui est dict\u00e9. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, les membres les plus en vue de ce club, plut\u00f4t que de consolider leur organisation, partiront \u00e0 la conqu\u00eate du syndicat national de la magistrature (SNM) que dirigeait le juge Djamel Laidouni depuis quinze ann\u00e9es dans une immanquable connivence avec le puissant ministre de la Justice et la chancellerie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 28 avril, alors que le Hirak allait en se renfor\u00e7ant, l\u2019agence officielle APS (Alg\u00e9rie Presse Service) annon\u00e7a que le juge Issad Mebrouk de la cour de&nbsp;<em>B\u00e9jaia<\/em>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu la veille, cinqui\u00e8me pr\u00e9sident du SNM en remplacement du juge Djamel Laidouni, arriv\u00e9 au terme de son troisi\u00e8me mandat. L\u2019\u00e9lection qui fut l\u2019occasion d\u2019un renouvellement de l\u2019ensemble des instances centrales du syndicat, a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e dans l\u2019enceinte de la nouvelle \u00e9cole sup\u00e9rieure de la magistrature (sise \u00e0 Kol\u00e9a, une localit\u00e9 \u00e9loign\u00e9e de 40 km des clameurs du Hirak du centre d\u2019Alger et \u00e0 l\u2019abri des m\u00e9dia), a eu lieu lors de la 7eme session de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ordinaire du SNM. Cette assembl\u00e9e \u00e9tait compos\u00e9e, pr\u00e9cise l\u2019agence officielle, de repr\u00e9sentants \u00e9lus au niveau national dans tout le secteur de la justice par \u00ab&nbsp;4539 magistrats-\u00e9lecteurs&nbsp;\u00bb (\u00e9tant entendu qu\u2019il y avait \u00e0 cette date en Alg\u00e9rie 6326 magistrats). Issad Mebrouk qui \u00e9tait candidat face \u00e0 cinq autres coll\u00e8gues (Djamel Laidouni ayant d\u00e9clar\u00e9 ne pas se repr\u00e9senter pour, officiellement, se consacrer \u00e0 ses mandats au plan international) avait recueilli le plus grand nombre de voix suivi par un magistrat de la cour de Tizi Ouzou.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En apparence, ce qui se d\u00e9roulait pendant le Hirak, recevait une confirmation lors de cette \u00e9lection&nbsp;: la cour de Bejaia et la cour de Tizi Ouzou,&nbsp;dont certains membres avaient jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan dans le ralliement du corps de la magistrature au Hirak, \u00e9taient, en quelque sorte, d\u00e9sormais mandat\u00e9es pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels et moraux de ce corps en s\u2019appuyant sur ce mouvement historique tendant \u00e0 la lib\u00e9ration de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Selon Hassane Saadoune (TSA-Alg\u00e9rie, 27 avril)&nbsp;\u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9lection d\u2019un ancien membre du Club des Magistrats Alg\u00e9riens, du noyau dur qui plus est, \u00e0 la t\u00eate du SNM est peut-\u00eatre le signe d\u2019un changement radical de l\u2019orientation du&nbsp;<em>syndicat maison<\/em>, comme l\u2019ont qualifi\u00e9 des magistrats contact\u00e9s par TSA. Longtemps per\u00e7u comme instrument du minist\u00e8re voire m\u00eame de&nbsp;<em>forces occultes du pouvoir<\/em>, le SNM, avec l\u2019\u00e9lection d\u2019Issad Mebrouk \u00e0 sa t\u00eate, \u00e9tait en passe de devenir&nbsp;un syndicat frondeur.&nbsp;\u00bb Pour rappel, ce nouveau pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 un des premiers magistrats \u00e0 sortir manifester contre le cinqui\u00e8me mandat de Bouteflika, alors que le pr\u00e9c\u00e8dent pr\u00e9sident affirmait, encore \u00e0 la fin du mois de janvier 2019, que le corps de la magistrature \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 superviser la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle avec \u00ab&nbsp;s\u00e9rieux et rigueur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, la nature v\u00e9ritable du syndicat avec sa nouvelle direction sera tr\u00e8s vite r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la premi\u00e8re allocution prononc\u00e9e par Issad Mebrouk. Fort de sa l\u00e9gitimit\u00e9 et sit\u00f4t intronis\u00e9, le nouveau pr\u00e9sident appellera \u00ab&nbsp;\u00e0 un changement global et paisible, garant de la pr\u00e9servation des institutions de l\u2019Etat, et surtout non vindicatif, car les individus changent et partent et seul l\u2019Etat est immuable&nbsp;\u00bb. S\u2019agissant de la fonction juridictionnelle proprement dite, il soulignera l\u2019exigence de&nbsp;\u00ab l\u2019impartialit\u00e9 du magistrat\u2026 qui doit rester neutre et \u00e0 \u00e9gale distance de toute partie en conflit et dans toute affaire en vue de pr\u00e9server l\u2019unit\u00e9 des alg\u00e9riens&nbsp;\u00bb. En conclusion, de mani\u00e8re p\u00e9remptoire, il soutient que le temps des pressions v\u00e9cues par les magistrats, des ann\u00e9es durant, est bien r\u00e9volu&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Examin\u00e9s attentivement, ces propos liminaires r\u00e9v\u00e8lent que le SNM ne se situera jamais dans la fronde. Pour utiliser une terminologie tr\u00e8s galvaud\u00e9e, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9poque du parti unique, pour brider toute expression d\u00e9mocratique, le SNM, avec sa nouvelle direction, sera \u00ab&nbsp;un syndicat responsable&nbsp;!\u00bb. Son nouveau pr\u00e9sident s\u2019y engage, manifestement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce changement de posture s\u2019expliquerait par de s\u00e9rieux arrangements, r\u00e9sultats d\u2019importantes tractations avec des \u00ab&nbsp;cercles occultes&nbsp;\u00bb qui, jamais ne tol\u00e8reront de voir la magistrature \u00e9chapper \u00e0 leur contr\u00f4le. Cette hypoth\u00e8se pourrait \u00eatre confort\u00e9e par la d\u00e9couverte d\u2019un fait d\u2019une extr\u00eame importance&nbsp;: de s\u00e9rieuses divergences seraient tr\u00e8s vite apparues au sein du Club de Magistrats Alg\u00e9riens (l\u2019adjectif \u00ab&nbsp;libres&nbsp;\u00bb \u00e9tant de moins en moins utilis\u00e9) sur la strat\u00e9gie \u00e0 adopter dans cette phase historique particuli\u00e8re. Issad Mebrouk, pr\u00e9f\u00e9rant investir le SNM, au lieu de cr\u00e9er un nouveau ou un autre syndicat, quittera le Club des Magistrats.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre tendance, manifestement minoritaire, repr\u00e9sent\u00e9e par Saad Eddine Merzougui, le porte-parole dudit Club, optera pour la continuit\u00e9 dans le militantisme jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obtention de l\u2019agr\u00e9ment du Club des Magistrats Alg\u00e9riens \u00ab&nbsp;car il est \u00e0 l\u2019origine et le symbole de la lib\u00e9ration des magistrats&nbsp;\u00bb. L\u2019analyse du discours de Saad Eddine Merzougui nous autorise \u00e0 soutenir qu\u2019il y aurait une r\u00e9partition des r\u00f4les et des missions entre le nouveau pr\u00e9sident du SNM et le juge Merzougui dans une d\u00e9marche commune \u00e9minemment politique, loin du cadre syndical traditionnellement admis&nbsp;: Lib\u00e9rer la justice de forces dites occultes. En t\u00e9moignent les propos tenus par ce dernier \u00e0 la faveur d\u2019une importante interview accord\u00e9e au quotidien El Watan dans sa livraison du 28 avril 2019. S\u2019attaquant ad hominem avec virulence \u00e0 l\u2019ancien patron de l\u2019ex-DRS le juge Merzougui d\u00e9clare que \u00ab&nbsp;cette personne man\u0153uvre pour faire avorter le mouvement populaire en le sortant de son caract\u00e8re pacifique&nbsp;\u2026Pour nous, cette personne a \u00e9t\u00e9 le parrain de la justice durant 25 ans, notamment \u00e0 travers les colonels qu\u2019il a d\u00e9sign\u00e9s dans cette institution \u2026et la d\u00e9signation de certains magistrats, qui lui font all\u00e9geance, \u00e0 des postes sensibles. \u00bb. Et de conclure qu\u2019\u00ab&nbsp;en raison du danger que repr\u00e9sente cette personne sur le pr\u00e9sent et l\u2019avenir de notre nation, nous avons estim\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait de notre devoir de la remettre \u00e0 sa place et de lui rappeler qu\u2019elle sera justiciable au m\u00eame titre que tous les citoyens en cas de poursuites.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Sans s\u2019appesantir \u00e0 ce niveau sur les menaces ainsi prof\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019endroit d\u2019un personnage qui fut extr\u00eamement puissant, menaces qui seront mises \u00e0 ex\u00e9cution (comme nous le verrons plus loin) par le nouvel homme fort, le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Ahmed Gaid Salah, l\u2019on rappellera que les accusations port\u00e9es par ce juge de la cour d\u2019El Oued, sont identiques \u00e0 celles prof\u00e9r\u00e9es en 2014 par le tonitruant secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti du FLN, Ammar Saadani, (lui-m\u00eame originaire d\u2019El Oued, assez curieusement&nbsp;!) une personnalit\u00e9 totalement inf\u00e9od\u00e9e au pr\u00e9sident Bouteflika et \u00e0 son clan.<\/p>\n\n\n\n<p>A en croire le juge Merzougui qui a d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre l\u2019aventure du club des magistrats, la justice devra \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e du syst\u00e8me mis en place par l\u2019ancien patron de l\u2019ex DRS alors m\u00eame que ce dernier n\u2019est plus officiellement aux commandes depuis le 13 d\u00e9cembre 2015. Ces propos devraient annoncer sinon une \u00e9puration, du moins un \u00ab&nbsp;assainissement&nbsp;\u00bb de tout le secteur de la justice.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit du 8 mars au 27 avril 2019, soit en cinquante jours \u00e0 peine, le corps de la magistrature qui donnait l\u2019impression de vouloir jouer un r\u00f4le important dans le Hirak, y op\u00e9rera un retrait apr\u00e8s que les autorit\u00e9s aient conc\u00e9d\u00e9 de lib\u00e9rer de leurs fourches caudines, l\u2019unique syndicat officiel.&nbsp;Pour l\u2019heure, cette \u00ab&nbsp;lib\u00e9ration&nbsp;\u00bb avait ind\u00e9niablement une grande valeur symbolique et devait constituer un jalon dans un processus devant permettre \u00e0 la justice d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois ind\u00e9pendante et libre. D\u2019autres jalons devraient n\u00e9cessairement suivre dans le cadre de ce qui a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 par un universitaire de \u00ab&nbsp;tsunami judiciaire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un Tsunami Judiciaire&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La lib\u00e9ration de la justice et l\u2019\u00e9radication de la corruption furent des exigences extr\u00eamement fortes port\u00e9es par le Hirak. Ces revendications consign\u00e9es par \u00e9crit (sur de multiples supports et en des formes extr\u00eamement vari\u00e9es) ou scand\u00e9es de vives voix, (dans diverses langues) sont le fait des marcheurs du vendredi (la population en g\u00e9n\u00e9ral) et de ceux du mardi (exclusivement \u00e9tudiants, \u00e0 l\u2019origine tout au moins) mais \u00e9galement par tous les magistrats qui ont rejoint courageusement le Hirak.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc, officiellement, en r\u00e9ponse \u00e0 ces revendications populaires, que les nouveaux hommes forts, sous la direction du chef d\u2019Etat-major de l\u2019arm\u00e9e, le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Ahmed Gaid Salah, qui prennent le pouvoir apr\u00e8s la d\u00e9mission forc\u00e9e&nbsp;&nbsp;le 02 avril, du pr\u00e9sident Bouteflika, mettront en \u0153uvre un&nbsp;&nbsp;puissant dispositif, prioritairement orient\u00e9 vers la lutte contre la corruption \u00e0 tous les niveaux ainsi que la r\u00e9pression de tous ses agents, acteurs et b\u00e9n\u00e9ficiaires de tout un syst\u00e8me de pr\u00e9dation.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9pourvu de l\u00e9gitimit\u00e9 l\u00e9gale au sens ou l\u2019entend Max Weber, le nouveau pouvoir s\u2019\u00e9vertuera cependant, \u00e0 d\u00e9clarer qu\u2019il agit dans le cadre de la constitution et donc du droit, entendu lato sensu. Jamais sans doute dans l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie, il n\u2019y eut un tel f\u00e9tichisme juridique \u00e0 travers une double manifestation&nbsp;: d\u2019abord un f\u00e9tichisme de la constitution, le nouveau pouvoir r\u00e9cusant fermement l\u2019id\u00e9e de vide juridique&nbsp;; puis un f\u00e9tichisme de la justice.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte que le nouveau pouvoir mettra au c\u0153ur du dispositif tendant, officiellement, \u00e0 \u00e9radiquer toutes les formes de la corruption enracin\u00e9e durant les vingt longues ann\u00e9es du r\u00e8gne de Bouteflika, l\u2019appareil judiciaire, apr\u00e8s que le corps de la magistrature en tant que tel, ait \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;soigneusement&nbsp;\u00bb et progressivement \u00e9loign\u00e9 du Hirak.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>D\u00e8s lors, la justice en tant qu\u2019institution (qualifi\u00e9e depuis 1989, pompeusement et faussement, de pouvoir judiciaire), sera tellement actionn\u00e9e dans ses diff\u00e9rentes composantes (particuli\u00e8rement p\u00e9nale, aussi bien de droit commun que militaire) qu\u2019Ali Mebroukine, professeur de droit, qualifiera, dans un texte dithyrambique \u00e0 l\u2019endroit du g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Ahmed Gaid Salah, l\u2019ensemble de ces surprenantes et spectaculaires p\u00e9rip\u00e9ties judiciaires de \u00ab&nbsp;tsunami judiciaire&nbsp;\u00bb. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, les journalistes Julien Bouissou et Madjid Zerrouki, d\u00e9signeront ces \u00e9v\u00e8nements de \u00ab&nbsp;temp\u00eate judiciaire&nbsp;\u00bb qui s\u2019abat en Alg\u00e9rie depuis le printemps. Plus critique, comme \u00e0 son habitude, mais avec beaucoup de pertinence, la journaliste Jos\u00e9 Garcia est convaincue que toute cette agitation est constitutive d\u2019une \u00ab&nbsp;justice spectacle&nbsp;\u00bb mise en sc\u00e8ne \u00ab&nbsp;dans l\u2019espoir d\u2019occulter la revendication premi\u00e8re des contestataires, \u00e0 savoir le changement de syst\u00e8me&nbsp;\u00bb.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Plus prosa\u00efquement, cette op\u00e9ration \u00ab&nbsp;mains propres \u00e0 l\u2019alg\u00e9rienne&nbsp;\u00bb sera symbolis\u00e9e par les partisans d\u2019Ahmed Gaid Salah, par \u00ab&nbsp;la faucille&nbsp;\u00bb qui se dit en langue arabe \u00ab&nbsp;el mendjel\u00bb probablement parce qu\u2019elle symbolise, dans la culture paysanne, l\u2019instrument qui permet d\u2019arracher, d\u2019extirper, les mauvaises herbes. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Durant l\u2019ex\u00e9cution de ce dispositif,&nbsp;\u00ab&nbsp;el mendjel\u00bb d\u00e9signera indiff\u00e9remment d\u2019ailleurs l\u2019op\u00e9ration proprement dite et son initiateur, aur\u00e9ol\u00e9, au d\u00e9but, d\u2019un ind\u00e9niable prestige&nbsp;; d\u2019autant qu\u2019il d\u00e9clarait de mani\u00e8re it\u00e9rative, vouloir accompagner le mouvement populaire et r\u00e9pondre \u00e0 ses revendications, tendant prioritairement \u00e0 mettre fin \u00e0 un syst\u00e8me de pr\u00e9dation et de corruption qui se dit \u00ab&nbsp;fassaad&nbsp;\u00bb en langue arabe.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aller \u00e0 l\u2019essentiel, dans le cadre extr\u00eamement contraint de cette chronique, l\u2019op\u00e9ration mains propres visera d\u2019abord l\u2019oligarchie, (c\u2019est\u2013\u00e0-dire un groupe d\u2019hommes d\u2019affaires sinon d\u2019affairistes) qui s\u2019est constitu\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 sa proximit\u00e9 des centres de d\u00e9cisions politiques, administratifs et \u00e9conomiques et qu\u2019ils ont pratiquement asservis. Aussi, dans un second temps, \u00ab&nbsp;el mendjel&nbsp;\u00bb s\u2019occupera-t-il des hommes politiques pr\u00e9sum\u00e9s corrompus, car consid\u00e9r\u00e9s comme ayant \u00e9t\u00e9 au service des oligarques. Durant ce second \u00e9pisode, l\u2019opinion publique m\u00e9dus\u00e9e d\u00e9couvrira (m\u00eame si elle le supputait) le degr\u00e9 et l\u2019ampleur de la corruption qui avait gangren\u00e9 les institutions politiques et administratives. Le quotidien Libert\u00e9 dans sa livraison du 22 avril r\u00e9v\u00e9lera sur la foi de \u00ab&nbsp;bonnes sources \u00bb que la justice venait de proc\u00e9der \u00e0 la r\u00e9ouverture de plus de 6600 dossiers, tous en suspens durant la p\u00e9riode allant de 2009 \u00e0 2019 et li\u00e9s \u00e0 des faits de corruption&nbsp;; et que sur les 6600 affaires, pr\u00e8s de 1300&nbsp;ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s par les enqu\u00eateurs, ce qui pourraient signifier que les dossiers sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00eats&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Pr\u00e9cisons que la r\u00e9ouverture de ces innombrables dossiers a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme une preuve que la justice a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Ahmed Gaid Salah devenu une sorte d\u2019oracle itin\u00e9rant se d\u00e9pla\u00e7ant d\u2019une r\u00e9gion militaire \u00e0 une autre et y pronon\u00e7ant, \u00e0 chaque fois, une allocution, tr\u00e8s attendue et largement diffus\u00e9e, fera du th\u00e8me de la lib\u00e9ration de la justice un v\u00e9ritable leitmotiv. A titre d\u2019exemple, lors de sa visite \u00e0 la quatri\u00e8me r\u00e9gion militaire (Ouargla), il soutiendra, le 22 mai, qu\u2019il y a des signes de satisfaction chez les citoyens qui constatent&nbsp;\u00ab&nbsp;la lib\u00e9ration de la justice de toutes les formes de contraintes, de diktats et de pression, ce qui lui a permis d\u2019exercer sa mission en toute libert\u00e9\u2026et d\u2019assainir le pays de la corruption et des pr\u00e9dateurs.&nbsp;\u00bb. Autre exemple tir\u00e9e d\u2019une allocution prononc\u00e9e le 26 ao\u00fbt, \u00e0 la base navale de Mers El K\u00e9bir&nbsp;dans l\u2019Oranie&nbsp;: Exprimant sa reconnaissance et ses encouragements aux hommes de justice, il tint \u00e0 r\u00e9it\u00e9rer l\u2019engagement de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 les accompagner et \u00e0 leur assurer les garanties n\u00e9cessaires \u00ab&nbsp;car la justice qui est le pilier de l\u2019Etat de droit a recouvr\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 Allah le tout puissant, ses pr\u00e9rogatives, son ind\u00e9pendance et son v\u00e9ritable r\u00f4le.&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant tous les observateurs auront relev\u00e9 que c\u2019est ce m\u00eame Ahmed Gaid Salah qui avait, en date du 16 avril, (apr\u00e8s que le parquet g\u00e9n\u00e9ral ait inform\u00e9 l\u2019opinion publique, le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;avril, du d\u00e9but de cette op\u00e9ration mains propres) adress\u00e9 ce qu\u2019il faut bien qualifier d\u2019injonctions aux autorit\u00e9s judiciaires. Intervenant \u00e0 partir de Ouargla, si\u00e8ge de la quatri\u00e8me r\u00e9gion militaire, le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e devait instruire la justice en ces termes&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous attendons \u00e0 ce que les instances judiciaires concern\u00e9es acc\u00e9l\u00e8rent la cadence du traitement des diff\u00e9rents dossiers concernant certaines personnes ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 indument de cr\u00e9dits estim\u00e9s \u00e0 des milliers de milliards, causant pr\u00e9judice au tr\u00e9sor public et dilapidant l\u2019argent du peuple. \u00bb. On soulignera m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019un truisme, que ces instructions ne sont pas \u00e9nonc\u00e9es par la chancellerie mais par la plus haute autorit\u00e9 militaire du pays&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>&nbsp;Ces injonctions, qui plus est publiques, mettront \u00e0 mal les magistrats. Leurs nouveaux repr\u00e9sentants syndicaux seront contraints de monter au cr\u00e9neau pour apporter des d\u00e9n\u00e9gations et affirmer qu\u2019ils se sont bel et bien lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9 contre les oligarques, elmendjel s\u2019est, pourrait-on dire, tout naturellement tourn\u00e9 vers les \u00ab&nbsp;d\u00e9cisionnaires&nbsp;\u00bb (terme que nous pr\u00e9f\u00e9rons \u00e0 celui de \u00ab&nbsp;d\u00e9cideurs&nbsp;\u00bb particuli\u00e8rement connot\u00e9 dans l\u2019histoire r\u00e9cente de l\u2019Alg\u00e9rie). Le r\u00e9sultat fut \u00e0 proprement parler surprenant et spectaculaire&nbsp;: deux anciens premiers ministres, quinze ministres (dont le ministre de la Justice, Tayeb Louh), des hauts fonctionnaires, des walis (i.e pr\u00e9fets), trois directeurs g\u00e9n\u00e9raux de banques publiques, seront inculp\u00e9s et incarc\u00e9r\u00e9s avec une douzaine d\u2019oligarques. Pr\u00e9alablement aux poursuites judiciaires, toutes ces personnalit\u00e9s avaient fait l\u2019objet d\u2019une I.S.T.N. (interdiction de sortie du territoire national) qui est de la comp\u00e9tence exclusive de la justice depuis juillet 2015. Pour essayer d\u2019\u00eatre complet, il faudrait ajouter que pr\u00e8s de 30 parlementaires (d\u00e9put\u00e9s et s\u00e9nateurs) \u00e9taient sur la liste des justiciables de la proc\u00e9dure de lev\u00e9e de l\u2019immunit\u00e9 parlementaire que seul le ministre de la Justice pouvait diligenter apr\u00e8s sa saisine par le parquet comp\u00e9tent. Le segment \u00e9clair\u00e9 de l\u2019opinion publique en Alg\u00e9rie recevait ainsi confirmation de ses supputations&nbsp;: bon nombre d\u2019hommes politiques soup\u00e7onn\u00e9s de corruption se faisaient coopt\u00e9s<strong>&nbsp;<\/strong>et d\u00e9sign\u00e9s comme parlementaires pour se mettre \u00e0 l\u2019abri sous le dispositif de l\u2019immunit\u00e9 consacr\u00e9e par l\u2019article 126 de la constitution.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Et puisqu\u2019est \u00e9voqu\u00e9e la question de l\u2019immunit\u00e9, l\u2019on ne peut passer sous silence la redoutable question des \u00e9ventuelles poursuites judiciaires contre l\u2019ex-pr\u00e9sident, contraint \u00e0 une humiliante d\u00e9mission, Abdelaziz Bouteflika. De nombreuses voix \u00e9manant du Hirak, sit\u00f4t l\u2019op\u00e9ration \u00ab&nbsp;elmendjel&nbsp;\u00bb d\u00e9clench\u00e9e, avaient r\u00e9clam\u00e9, exig\u00e9 m\u00eame, le proc\u00e8s de Bouteflika au motif qu\u2019il \u00e9tait le principal responsable de tout ce syst\u00e8me de corruption et de pr\u00e9dation. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e9galement l\u2019argumentaire distill\u00e9 assez rapidement dans les organes de presse par certains avocats chevronn\u00e9s, constitu\u00e9s par des ministres et hauts responsables poursuivis et incarc\u00e9r\u00e9s. La population alg\u00e9rienne, tr\u00e8s majoritairement musulmane, a d\u00e9couvert \u00e0 cette occasion, que le pr\u00e9sident qui a pr\u00eat\u00e9 serment sur le Coran, \u00e0 quatre reprises, est parjure&nbsp;; mais la seule juridiction comp\u00e9tente pour le juger&nbsp;&nbsp;(ainsi que le premier ministre d\u2019ailleurs), en l\u2019occurrence la Haute Cour de l\u2019Etat<strong>,&nbsp;<\/strong>institu\u00e9e pourtant par l\u2019article157 de la constitution de 1996 (initi\u00e9e par le pr\u00e9sident Liamine Z\u00e9roual) et confirm\u00e9e par l\u2019article 177&nbsp;&nbsp;r\u00e9sultant de la r\u00e9vision constitutionnelle de 2016 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de la lutte contre la corruption, la justice tant p\u00e9nale que militaire sera actionn\u00e9e par le d\u00e9sormais homme fort du moment, pour neutraliser ses adversaires politiques dont l\u2019ancien patron du DRS, que le juge Saad Eddine Merzougui du club des magistrats avait accus\u00e9 publiquement, de tous les maux et notamment d\u2019avoir instrumentalis\u00e9 la justice alg\u00e9rienne durant un quart de si\u00e8cle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Qui plus est, nonobstant sa mise \u00e0 la retraite, il disposerait encore d\u2019une grande capacit\u00e9 de nuisance d\u00e8s lors qu\u2019il est admis que le DRS, qu\u2019il a mis sur pied et organis\u00e9 est per\u00e7u \u00e9galement comme \u00e9tant \u00ab&nbsp;le premier vrai parti politique en Alg\u00e9rie&nbsp;\u00bb soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 aux man\u0153uvres d\u00e8s de d\u00e9clenchement du Hirak. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ancien patron du DRS et un de ses anciens adjoints, seront arr\u00eat\u00e9s en compagnie du fr\u00e8re du pr\u00e9sident Bouteflika, v\u00e9ritable r\u00e9gent depuis 2013, vis\u00e9 directement par la formule de \u00ab&nbsp;forces extraconstitutionnelles&nbsp;\u00bb. Ils seront rejoints par la femme politique Louiza Hanoune. Ces quatre personnalit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es justiciables de la justice militaire, eu \u00e9gard aux graves chefs d\u2019inculpation retenus \u00e0 leur endroit. Il semblerait que la justice militaire ait \u00e9t\u00e9 beaucoup sollicit\u00e9e durant cette p\u00e9riode historique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La justice militaire \u00e9tant, manifestement, plus sollicit\u00e9e que de coutume, le nouveau pouvoir s\u2019empressera de publier au journal officiel du 25 juillet, un d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel portant statut particulier des magistrats militaires. Bien que pr\u00e9vu et annonc\u00e9 dans des lois ant\u00e9rieures, c\u2019est la premi\u00e8re fois, dans l\u2019histoire de la magistrature alg\u00e9rienne, qu\u2019un tel statut particulier est rendu public. Dans une des tr\u00e8s rares pr\u00e9sentations de ce texte, le quotidien Libert\u00e9, dans sa livraison du 18 ao\u00fbt, soutiendra, avec sans doute quelque l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, que ce statut consacre d\u00e9sormais \u00ab&nbsp;une protection \u00e0 vie&nbsp;\u00bb (et donc m\u00eame apr\u00e8s leur retraite) pour les magistrats militaires, tout en leur fixant&nbsp;\u00ab&nbsp;des lignes rouges&nbsp;\u00bb. Devant l\u2019absence d\u2019expos\u00e9 des motifs ou de communiqu\u00e9 officiel, l\u2019observateur est contraint de se contenter de relever le fait. Ce fait doit cependant \u00eatre mis en relation avec la publication au journal officiel du 23 juin, d\u2019un autre d\u00e9cret ayant pour objet la cr\u00e9ation, les missions et l\u2019organisation d\u2019un service central de la police judiciaire de la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e. L\u2019intitul\u00e9 est, comme on le constate, assez large&nbsp;; pourtant son dispositif est des plus r\u00e9duits, puisque compos\u00e9 de six articles libell\u00e9s en des termes g\u00e9n\u00e9raux et vagues. On retiendra surtout son article 2 qui dispose que ce service sera \u00ab&nbsp;charg\u00e9 de la recherche et de la constatation des infractions relevant de la comp\u00e9tence de la justice militaire et les infractions d\u2019atteintes \u00e0 la suret\u00e9 de l\u2019Etat&nbsp;\u00bb. A la v\u00e9rit\u00e9, beaucoup plus qu\u2019une cr\u00e9ation ex-nihilo d\u2019un redoutable service qui \u00e9tait instrumentalis\u00e9 par \u00ab&nbsp;l\u2019Etat profond&nbsp;\u00bb, il s\u2019agit d\u2019un rattachement \u00e0 la plus haute autorit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e, et au sein de celle-ci au nouvel homme fort.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la mise en \u0153uvre d\u2019el mendjel, l\u2019instrumentalisation de la justice sera une fois encore flagrante. Le nouveau pouvoir qui, manifestement voudrait asseoir un contr\u00f4le (au sens de maitrise) total sur l\u2019ensemble des institutions du secteur de la justice proc\u00e9dera \u00e0 des changements extr\u00eamement importants \u00e0 tous les niveaux. Au niveau minist\u00e9riel d\u2019abord, on rappellera qu\u2019en date du 31 mars et donc juste avant sa d\u00e9mission le 2 avril, le pr\u00e9sident Bouteflika nommera (sic) un gouvernement dirig\u00e9 par Mr Bedoui, qui devait rester en fonction jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9lection d\u2019un nouveau pr\u00e9sident, le chef de l\u2019Etat int\u00e9rimaire ne pouvant, en aucun cas, l\u2019\u00e9conduire ou modifier sa composition. Au sein de cette \u00e9quipe, un magistrat, Slimane Brahmi, remplacera Tayeb Louh, au minist\u00e8re de la Justice. Alors que toute l\u2019\u00e9quipe gouvernementale d\u00e9sign\u00e9e le 31 mars essayait tant bien que mal d\u2019assumer ses charges, il sera mis fin (dans des conditions juridiques contestables), le 31 juillet, aux fonctions du ministre de la Justice, remplac\u00e9 par un autre magistrat, Belkacem Zeghmati. Celui-ci avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Alger en 2007. Il avait eu l\u2019outrecuidance de poursuivre, entre autres, Mr Chakib Khelil, ancien ministre en charge du secteur des hydrocarbures, coffre-fort de l\u2019Alg\u00e9rie, extr\u00eamement proche du pr\u00e9sident Bouteflika. Il avait m\u00eame os\u00e9 lancer \u00e0 son encontre un mandat d\u2019arr\u00eat international. Pour l\u2019ex\u00e9cution de tous ces graves actes de proc\u00e9dure, il se dit maintenant de mani\u00e8re quelque peu r\u00e9p\u00e9titive, que Mr Zeghmati a agi, sinon sur instructions, du moins avec l\u2019aval et la couverture de son ministre de la Justice, Mohamed Charfi, qui heureux hasard (sic) vient d\u2019\u00eatre choisi, lui \u00e9galement, pour pr\u00e9sider l\u2019Autorit\u00e9 Nationale Ind\u00e9pendante des Elections cr\u00e9\u00e9e en vertu de la loi organique du 14 septembre. Ces proc\u00e9dures seront cependant, pour dire le moins, contrari\u00e9es.&nbsp;Le ministre&nbsp;Charfi contraint \u00e0 d\u00e9missionner alors que le procureur Zeghmati d\u00e9plac\u00e9 en 2016, de la Cour d\u2019Alger vers la Cour Supr\u00eame<\/p>\n\n\n\n<p>En mai 2019, en plein Hirak, Belkacem Zeghmati, reprendra sa fonction en tant que procureur g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e8s la Cour d\u2019Alger. Ce retour qui constitue une tr\u00e8s belle revanche pour l\u2019homme ainsi que pour le magistrat r\u00e9put\u00e9 comp\u00e9tent et exp\u00e9riment\u00e9, est \u00e9galement et surtout dict\u00e9 par les exigences de r\u00e9pondre aussi vite que possible aux revendications populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, le 31 juillet, il sera \u00e0 nouveau contraint de quitter le parquet g\u00e9n\u00e9ral, pour rejoindre le minist\u00e8re de la Justice en tant que Garde des Sceaux. La nomination d\u2019un magistrat de cette envergure qui n\u2019avait pas attendu l\u2019av\u00e8nement du Hirak pour combattre la corruption, sera un signal fort \u00e0 l\u2019adresse des&nbsp;\u00ab&nbsp;marcheurs&nbsp;\u00bb du vendredi et du mardi, qui ne cessent de maintenir la pression, particuli\u00e8rement en mati\u00e8re de justice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>D\u00e9sormais, la lutte contre la corruption ne se limitera pas seulement \u00e0 Alger o\u00f9 se concentrent les principaux oligarques et les grands d\u00e9cisionnaires, mais au niveau des 36 cours de l\u2019Etat alg\u00e9rien. <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que le 8 ao\u00fbt, un tr\u00e8s vaste mouvement dans le corps des procureurs g\u00e9n\u00e9raux pr\u00e8s des cours sera rendu public. 32 d\u2019entre eux seront remplac\u00e9s&nbsp;; en m\u00eame temps d\u2019ailleurs que 35 pr\u00e9sidents de cours. C\u2019est ind\u00e9niablement, la premi\u00e8re fois, dans l\u2019histoire de la justice alg\u00e9rienne, que l\u2019on rel\u00e8ve un mouvement de cette ampleur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019on se doit de signaler que sur les 67 nominations, une seule femme, nomm\u00e9e pr\u00e9sidente de cour ! Si elle participe du renforcement du dispositif judiciaire de lutte contre la corruption, cette importante d\u00e9cision s\u2019inscrit dans une d\u00e9marche raisonn\u00e9e de d\u00e9mant\u00e8lement de tout un syst\u00e8me mis en place par l\u2019ancien et puissant ministre de la Justice, Tayeb Louh.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Des changements toucheront \u00e9galement l\u2019administration centrale du minist\u00e8re de la Justice, dont la redoutable inspection g\u00e9n\u00e9rale, bras s\u00e9culier du ministre, la Cour Supr\u00eame ainsi que le Conseil d\u2019Etat (dans ce dernier cas une femme rempla\u00e7ant une autre \u00e0 la pr\u00e9sidence).<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Tayeb Louh,il sera contraint de boire le calice jusqu\u2019\u00e0 la lie&nbsp;: apr\u00e8s qu\u2019il ait fait l\u2019objet le 23 juillet, d\u2019une interdiction de sortie du territoire national impliquant un retrait de passeports, il sera plac\u00e9 en d\u00e9tention provisoire le 22 ao\u00fbt pour&nbsp;\u00ab&nbsp;abus de fonction, entrave \u00e0 la justice, incitation \u00e0 la partialit\u00e9 et incitation \u00e0 faux en \u00e9criture officielle&nbsp;\u00bb. (Les m\u00eames chefs d\u2019inculpation ont \u00e9t\u00e9 retenus contre l\u2019ex-inspecteur g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re de la justice, Tayeb Benhachem, qui serait en fuite). Cette derni\u00e8re situation est proprement surr\u00e9aliste&nbsp;! Un ministre de la Justice en prison, ce fait en lui-m\u00eame n\u2019est pas banal&nbsp;; qu\u2019il soit, au surplus, incarc\u00e9r\u00e9 \u00ab&nbsp;pour entrave \u00e0 la justice&nbsp;\u00bb est proprement dramatique, et r\u00e9v\u00e8le la nature profonde du syst\u00e8me&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<\/strong>a-\u00e9tatique&nbsp;\u00bb qui fut mis en place.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le lieu de signaler la remarquable tribune publi\u00e9e d\u00e8s le 19 mars 2019 par le professeur Rostane Mehdi intitul\u00e9e&nbsp;\u00ab&nbsp;Esprit de bande versus culture de l\u2019Etat (de droit)&nbsp;\u00bb. En guise d\u2019incipit \u00e0 sa contribution, il avait fait le choix tr\u00e8s judicieux d\u2019emprunter \u00e0 un illustre alg\u00e9rien, Saint Augustin, (que le pr\u00e9sident Bouteflika a eu le m\u00e9rite de r\u00e9habiliter dans le panth\u00e9on national), une r\u00e9flexion tir\u00e9e de son ouvrage la Cit\u00e9 de Dieu&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Que sont les empires sans la justice, sinon des r\u00e9unions de brigands&nbsp;\u00bb. Formule bien frapp\u00e9e et d\u2019une brulante actualit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, les chefs d\u2019inculpations retenus contre l\u2019ancien ministre de la Justice font r\u00e9sonnance avec les propos (tenus en langue arabe) extr\u00eamement virulents du g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e Ahmed Gaid Salah, prononc\u00e9s le 17 juin \u00e0 B\u00e9char dans la troisi\u00e8me r\u00e9gion militaire et rapport\u00e9s, en des termes identiques, d\u2019abord par le quotidien gouvernemental d\u2019expression fran\u00e7aise, El Moudjahid du 18 juin, puis par la revue El Djeich (dans sa version francophone) n\u00b0679 du mois de juillet&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Il apparait clair aujourd\u2019hui au peuple alg\u00e9rien \u00e0 travers tous ces dossiers pr\u00e9sent\u00e9s devant la justice, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 proc\u00e9d\u00e9 par le pass\u00e9 et de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, \u00e0 la mise en place des conditions propice \u00e0 la pratique de la corruption.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Il apparait \u00e9galement \u00e0 travers cela que ce qu\u2019on appelait \u00e0 l\u2019\u00e9poque r\u00e9forme de la justice n\u2019\u00e9tait malheureusement que des paroles en l\u2019air et des r\u00e9formes creuses qui, bien au contraire, ont encourag\u00e9 les corrompus \u00e0 persister dans leurs m\u00e9faits et ont \u00e9t\u00e9 parrain\u00e9s pour empi\u00e9ter les droits du peuple et enfreindre les lois d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sans crainte et sans aucune conscience.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En guise de conclusion<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Parce qu\u2019il faut conclure, au sujet d\u2019un processus d\u2019autant plus complexe qu\u2019il \u00e9tait encore en cours au moment de la production de cette chronique, il convient de mettre la focale sur la d\u00e9t\u00e9rioration du climat g\u00e9n\u00e9ral marqu\u00e9 par ce que l\u2019on appellerait par euph\u00e9misme, une incompr\u00e9hension, entre le nouvel homme fort et le mouvement dit Hirak.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e r\u00e9p\u00e8te qu\u2019il a r\u00e9pondu positivement et qu\u2019il a satisfait l\u2019essentiel des revendications populaires gr\u00e2ce notamment \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019elmendjel et \u00e0 la lib\u00e9ration de la justice, et qu\u2019en cons\u00e9quence, il est urgent d\u2019aller vers l\u2019organisation de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle programm\u00e9e pour le 12 d\u00e9cembre 2019, le Hirak au contraire, exprime son insatisfaction et exige plus&nbsp;: le d\u00e9mant\u00e8lement de tout le syst\u00e8me&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mieux encore, elmendjel est frapp\u00e9 de suspicion d\u00e8s lors qu\u2019il est mis en \u0153uvre dans le cadre d\u2019une luttes&nbsp;&nbsp;\u00e9minemment politiciennes. C\u2019est du reste pourquoi, des voix s\u2019\u00e9taient \u00e9lev\u00e9es pour contester l\u2019opportunit\u00e9 de cette op\u00e9ration, que seul le futur pr\u00e9sident de la R\u00e9publique pourra l\u00e9gitimement mener \u00e0 bien dans le cadre d\u2019une phase de transition. D\u2019autres voix tr\u00e8s isol\u00e9es, pratiquement inaudibles, ont essay\u00e9 de relancer l\u2019id\u00e9e de la justice transitionnelle qui, pour rappel, avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 exclue par la charte de la r\u00e9conciliation nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, en r\u00e9ponse aux affirmations selon lesquelles la justice assainie est d\u00e9sormais libre, le Hirak r\u00e9pond, comme \u00e0 son habitude depuis huit longs mois, par de savoureux slogans&nbsp;qui passeront sans aucun doute \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Le premier, scand\u00e9 dans bon nombre de villes s\u2019\u00e9nonce comme suit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Adala bi tiliphoun, El Gaid ouella feraoun&nbsp;\u00bb (La justice s\u2019exerce par t\u00e9l\u00e9phone et Gaid Salah est devenu le nouveau pharaon).<\/p>\n\n\n\n<p> Pour l\u2019anecdote, les talentueux caricaturistes alg\u00e9riens repr\u00e9sentent tr\u00e8s fr\u00e9quemment le magistrat v\u00eatu de sa toge et emm\u00eal\u00e9 dans un long fil t\u00e9l\u00e9phonique. Le second slogan (qui ne sera reproduit ici que dans sa traduction en fran\u00e7ais) est une interpellation des magistrats en ces termes&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Dites au juge et au procureur de la r\u00e9publique que nous pensions que vous vous \u00e9tiez lib\u00e9r\u00e9s, mais h\u00e9las vous \u00eates toujours dans l\u2019esclavage.&nbsp;\u00bb. Le troisi\u00e8me tout aussi incisif que les deux pr\u00e9c\u00e9dents, port\u00e9 par les \u00e9tudiants, exprime le rejet cat\u00e9gorique d\u2019el mendjel&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Ma nsaqouch el menjel, nessahqou ghir el mizane&nbsp;!&nbsp;\u00bb qui signifie \u00ab&nbsp;nous n\u2019avons pas besoin de la faucille, nous n\u2019avons besoin que de la balance&nbsp;!&nbsp;\u00bb c\u2019est-\u00e0- dire d\u2019une vraie justice, la balance \u00e9tant, et c\u2019est un truisme que de le rappeler ici, le symbole de la justice partout dans le monde et, sans doute, depuis la nuit des temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces slogans, assez tardifs pour certains d\u2019entre eux, exprimaient l\u2019exasp\u00e9ration du Hirak \u00e0 la suite de l\u2019instrumentalisation de la justice contre le Hirak, concr\u00e9tis\u00e9e par l\u2019arrestation de porteurs de l\u2019\u00e9tendard de l\u2019amazighit\u00e9 ainsi que de certains acteurs politiques, et personnalit\u00e9s ayant \u00e9merg\u00e9 du mouvement populaire, tous hostiles au plan qu\u2019envisage d\u2019imposer le g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ainsi donc, pass\u00e9e la stup\u00e9faction, voire la sid\u00e9ration, cons\u00e9cutives au \u00ab&nbsp;tsunami judiciaire&nbsp;\u00bb, le Hirak d\u00e9couvre in fine, que la justice est loin d\u2019\u00eatre libre. D\u2019une forme d\u2019instrumentalisation quelque peu soft, elle est pass\u00e9e \u00e0 une autre qui pourrait \u00eatre autrement plus brutale. Dans de telles conditions concr\u00e8tes, la probl\u00e9matique de l\u2019ind\u00e9pendance de la justice constitue un luxe que l\u2019Alg\u00e9rie, Etat et Nation, ne peut encore s\u2019offrir, malheureusement&nbsp;!<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9l\u00e9ments de bibliographie&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>La r\u00e9volution du sourire<\/em>. 2019. Ouvrage collectif sans direction (mais avec une introduction de Sarah Slimani, \u00e9ditrice). Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou, 198 pages.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Khan Amine (dir), mai 2019,&nbsp;<em>Marcher&nbsp;! El\u00e9ments pour un manifeste de l\u2019Alg\u00e9rie heureuse<\/em>. Alger, Chihab Editions, 182 pages.&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Nadji Safir, 2019, \u00ab&nbsp;Alg\u00e9rie 2019&nbsp;: une crise majeure&nbsp;\u00bb. Diplomed.com. mercredi 3 avril.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Nadji Safir, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;Alg\u00e9rie 2019&nbsp;: \u00e0 propos d\u2019un nouveau contexte de crise&nbsp;\u00bb, Le Soir d\u2019Alg\u00e9rie, 6 mars, pp.8-10.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Oussedik Fatma, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;Un peuple de trois millions dans les rues des villes du pays. Qui sommes-nous&nbsp;? El Watan, 7 mars, p.11.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Moussaoui Abderrahmane, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;Le mouvement populaire n\u2019est pas le fait d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e&nbsp;\u00bb, El Watan, 30 mars.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Hidouci Ghazi, 1995,&nbsp;<em>Alg\u00e9rie, la lib\u00e9ration inachev\u00e9e<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Mebtoul Mohamed, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;Ordre et d\u00e9sordre de la r\u00e9invention du politique&nbsp;\u00bb, Le Quotidien d\u2019Oran, 08 aout.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Mehdi Rostane, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;Esprit de bande versus culture de l\u2019Etat (de droit), El Watan, 19 mars.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Bencheneb Ali, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;Ce que vide juridique veut dire&nbsp;\u00bb, El Watan, 9 juin.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Benchikh Madjid.209.&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous ne sommes qu\u2019au tout d\u00e9but de la lutte pour la d\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb.El Watan, 26 mai.(Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mustapha Benfodil).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ait Larbi Mokrane, 2016,&nbsp;<em>La justice du palais. Dossiers noirs d\u2019une justice sous influence<\/em>, Alger, Koukou \u00e9ditions, 268 pages.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Koudil Ali, 2017,&nbsp;<em>Naufrage judiciaire. Les dessous de l\u2019affaire CNAN<\/em>, Alger Koukou \u00e9ditions, 331 pages.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Brahimi Miloud, 2018,&nbsp;<em>En mon \u00e2me et conscience<\/em>, Alger, Casbah \u00e9ditions, 367 pages.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Saad Eddine Merzoug, porte-parole du club des magistrats libres, 2019&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;la justice n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 ind\u00e9pendante du pouvoir ex\u00e9cutif, mais des magistrats ind\u00e9pendants il y en a&nbsp;\u00bb, El Watan ,28 avril.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Abdelhak Mellah, ancien conseiller \u00e0 la Cour Supr\u00eame, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;il y a une esquisse de l\u2019Alg\u00e9rie de demain&nbsp;\u00bb, El Watan magazine n\u00b0226&nbsp;,18 avril, p.15.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Me Abdelhak Mellah, avocat agr\u00e9\u00e9 pr\u00e8s la Cour Supr\u00eame et le Conseil d\u2019Etat, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;dire que la justice s\u2019est lib\u00e9r\u00e9e tout d\u2019un coup est illusoire&nbsp;\u00bb, Libert\u00e9, 28 avril.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Abdelhak Mellah, avocat, 2019,&nbsp;\u00ab&nbsp;l\u2019ind\u00e9pendance de la justice est tributaire de la transition politique&nbsp;\u00bb, El Watan ,12 juin.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Bennadji Ch\u00e9rif, 2009,&nbsp;\u00ab&nbsp;R\u00e9vision de la constitution&nbsp;: Vers la pr\u00e9sidence \u00e0 vie pour Abdelaziz Bouteflika&nbsp;?&nbsp;\u00bb, L\u2019Ann\u00e9e du Maghreb, volume V, pp. 225-261.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Bennadji Ch\u00e9rif, 2010,&nbsp;\u00ab&nbsp;Troisi\u00e8me mandat pr\u00e9sidentiel&nbsp;: Le mandat de trop&nbsp;?&nbsp;\u00bb, L\u2019Ann\u00e9e du Maghreb, volume VI, pp265-284.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Bennadji Ch\u00e9rif, 2019&nbsp;\u00ab, Les mesures participant de la r\u00e9forme de la justice en Alg\u00e9rie depuis janvier 2011\u00bb. in Gobe Eric (dir), Justice et politique dans le Maghreb post-r\u00e9voltes arabes, Tunis, IRMC.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Gobe, Eric (dir).&nbsp;<em>Des justices en transition dans le monde arabe&nbsp;? Contributions \u00e0 une r\u00e9flexion sur les rapports entre justice et politique<\/em>. Nouvelle \u00e9dition(en ligne).Rabat. Centre Jacques-Berque, 2016 (g\u00e9n\u00e9r\u00e9 le 19 septembre 2019).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Voir particuli\u00e8rement&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Gobe Eric.&nbsp;<em>Introduction. Justice et politique dans le monde arabe entre autoritarisme, r\u00e9forme et r\u00e9volution<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Boumghar Mouloud.&nbsp;<em>Ni transition, ni justice. Le traitement de la violence politique par la charte de la paix et de la r\u00e9conciliation nationale<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Boumghar et al. 2019.&nbsp;\u00ab&nbsp;Pourquoi une constituante plut\u00f4t qu\u2019une pr\u00e9sidentielle&nbsp;? (Contribution)&nbsp;\u00bb. Maghreb Emergent, 29 aout 2019.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Dir\u00e8che Karima (dir).&nbsp;<em>L\u2019Alg\u00e9rie au pr\u00e9sent. Entre r\u00e9sistances et changements<\/em>. IRMC-KARTALA, mai 2019, 850 pages.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ch\u00e9rif Bennadji, Professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d\u2019Alger 1 &#8211; Facult\u00e9 de droit. En date du 10 f\u00e9vrier 2019, le pr\u00e9sident Abdelaziz Bouteflika, pourtant gravement malade, annonce dans une lettre \u00e0 la Nation sa candidature \u00e0 la magistrature supr\u00eame pour un cinqui\u00e8me mandat, l\u2019\u00e9lection devant \u00eatre organis\u00e9e le 18 avril. 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