{"id":2146,"date":"2026-05-17T23:27:40","date_gmt":"2026-05-17T21:27:40","guid":{"rendered":"https:\/\/cermam.org\/fr\/?p=2146"},"modified":"2026-05-17T23:30:06","modified_gmt":"2026-05-17T21:30:06","slug":"une-chercheuse-associee-au-cermam-recompensee-au-concours-charles-rousseau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cermam.org\/fr\/une-chercheuse-associee-au-cermam-recompensee-au-concours-charles-rousseau\/","title":{"rendered":"Une chercheuse associ\u00e9e au CERMAM r\u00e9compens\u00e9e au concours Charles Rousseau"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans le cadre du concours de droit international Charles-Rousseau, organis\u00e9 entre universitaires du monde francophone, un proc\u00e8s simul\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remport\u00e9 par l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Universit\u00e9 libre de Bruxelles, dont faisait partie Marwa Chelkha, chercheuse associ\u00e9e au CERMAM.<\/p>\n\n\n\n<p>Organis\u00e9 par le&nbsp;R\u00e9seau francophone de droit international&nbsp;depuis 1985, le concours Charles-Rousseau est l\u2019un des concours francophones de droit international public les plus reconnus. Il repose sur la simulation d\u2019un contentieux international et vise \u00e0 renforcer les comp\u00e9tences en raisonnement juridique et en argumentation orale, tout en favorisant les \u00e9changes acad\u00e9miques au sein du monde francophone.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, le\u00a0CERMAM\u00a0a souhait\u00e9 mettre en lumi\u00e8re cet engagement \u00e0 travers un entretien men\u00e9 par\u00a0Maxime Fritsch\u00a0aupr\u00e8s de la laur\u00e9ate.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles motivations vous ont conduite \u00e0 participer au concours Charles Rousseau en droit international ? \u00c9tait-ce un int\u00e9r\u00eat particulier pour la discipline, un d\u00e9fi personnel ou une opportunit\u00e9 acad\u00e9mique sp\u00e9cifique ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u2019abord suivi un parcours de cinq ann\u00e9es en science politique et relations internationales, avant de rejoindre un master de sp\u00e9cialisation en droit international \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Libre de Bruxelles (ULB). Ce choix \u00e9tait motiv\u00e9 par plusieurs raisons. D\u2019une part, je souhaitais acqu\u00e9rir une v\u00e9ritable m\u00e9thode d\u2019argumentation et d\u2019analyse juridique. D\u2019autre part, je voulais construire un profil pluridisciplinaire, \u00e0 l\u2019intersection des relations internationales et du droit international. La formation en science politique permet d\u00e9j\u00e0 de comprendre les enjeux politiques, historiques, strat\u00e9giques et \u00e9conomiques qui structurent les relations internationales ; le droit international apporte ensuite les outils n\u00e9cessaires pour traduire ces enjeux en raisonnement juridique concret, comprendre les normes internationales et analyser les rapports entre \u00c9tats sous un angle juridictionnel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la rentr\u00e9e de ce master, les professeurs Mario Prost et Vaios Koutroulis nous ont annonc\u00e9 que, dans le cadre du cours de contentieux international, un processus de s\u00e9lection serait organis\u00e9 afin de repr\u00e9senter l\u2019ULB au Concours Charles Rousseau. Au d\u00e9part, je n\u2019avais pas d\u2019id\u00e9e arr\u00eat\u00e9e. Ce n\u2019\u00e9tait ni une ambition de longue date, ni quelque chose que j\u2019excluais. Mais en d\u00e9couvrant le cas pratique de cette ann\u00e9e, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par sa technicit\u00e9 et sa complexit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plusieurs mois de travail intensif, j\u2019ai finalement \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Luna Mariman, Charlotte Demoulin et Matylda Lion pour repr\u00e9senter l\u2019ULB. Depuis janvier, nous travaillons ensemble de mani\u00e8re tr\u00e8s soutenue sur cette affaire avec un double objectif. Le premier est d\u2019approfondir notre compr\u00e9hension du droit international contentieux. Le second est de construire les arguments les plus solides possibles afin de d\u00e9fendre notre position devant le Tribunal. Le concours repr\u00e9sente \u00e9videmment une opportunit\u00e9 acad\u00e9mique exceptionnelle, mais aussi un v\u00e9ritable d\u00e9fi personnel pour moi, dans la mesure o\u00f9 je ne viens pas d\u2019une formation juridique \u00ab classique \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, ma participation au Concours Charles Rousseau r\u00e9sulte d\u2019un ensemble de motivations. Il y avait d\u2019abord un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat pour le droit international, discipline qui m\u2019attirait pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019elle se situe au croisement du droit, des relations internationales et des enjeux g\u00e9opolitiques contemporains. Il y avait aussi l\u2019envie de me confronter \u00e0 une exp\u00e9rience intellectuellement exigeante. Le concours demande un investissement consid\u00e9rable, tant dans la recherche que dans la capacit\u00e9 \u00e0 construire une argumentation solide et coh\u00e9rente. C\u2019\u00e9tait \u00e9galement un d\u00e9fi personnel, puisque je venais d\u2019un parcours davantage orient\u00e9 vers la science politique. Je voulais me confronter \u00e0 un exercice juridique de haut niveau, sortir de ma zone de confort et voir jusqu\u2019o\u00f9 je pouvais pousser cette articulation entre approche politique et raisonnement juridique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense aussi que le Concours Charles Rousseau joue un r\u00f4le important dans la diffusion du droit international. \u00c0 travers le contentieux, le concours rend cette mati\u00e8re plus vivante, plus accessible et plus proche des r\u00e9alit\u00e9s internationales actuelles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pouvez-vous nous pr\u00e9senter le th\u00e8me du proc\u00e8s simul\u00e9 de cette \u00e9dition et les principales probl\u00e9matiques juridiques qu&rsquo;il soulevait ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le proc\u00e8s simul\u00e9 de cette \u00e9dition portait sur un diff\u00e9rend en droit de la mer opposant la R\u00e9publique d\u2019Estrygon \u00e0 l\u2019\u00c9tat insulaire de Saint-Aronax-et-Nedland devant le Tribunal international du droit de la mer. L\u2019affaire concernait plusieurs navires de p\u00eache battant pavillon de Saint-Aronax-et-Nedland, soup\u00e7onn\u00e9s de pratiquer la p\u00eache illicite dans la zone \u00e9conomique exclusive de l\u2019\u00e9tat voisin, le Royaume de Barataria, ainsi que dans une zone maritime contest\u00e9e entre Barataria et Estrygon.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affaire d\u00e9bute lorsqu\u2019un premier navire de p\u00eache, se d\u00e9clarant en d\u00e9tresse, obtient l\u2019autorisation d\u2019entrer dans un port d\u2019Estrygon. Peu apr\u00e8s son arriv\u00e9e, Barataria informe Estrygon que le navire aurait men\u00e9 des activit\u00e9s de p\u00eache illicite dans sa zone \u00e9conomique exclusive, soulevant plusieurs questions li\u00e9es \u00e0 la coop\u00e9ration entre \u00c9tats et aux pouvoirs de l\u2019\u00c9tat du port. Par la suite, deux autres navires sont d\u00e9tect\u00e9s dans une zone maritime contest\u00e9e, conduisant Estrygon \u00e0 lancer une op\u00e9ration de poursuite et d\u2019arraisonnement fond\u00e9e sur les m\u00eames soup\u00e7ons de p\u00eache illicite.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cas \u00e9tait particuli\u00e8rement riche parce qu\u2019il d\u00e9passait la seule question de la p\u00eache illicite. Il soulevait des probl\u00e9matiques classiques de droit de la mer, comme la libert\u00e9 de navigation, les droits de l\u2019\u00c9tat du pavillon, les pouvoirs de contr\u00f4le et d\u2019immobilisation des navires par l\u2019\u00c9tat c\u00f4tier ou encore les conditions d\u2019exercice du droit de poursuite. La question de la comp\u00e9tence du Tribunal international du droit de la mer occupait \u00e9galement une place centrale, notamment en raison des d\u00e9clarations faites par les \u00c9tats au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat du cas venait aussi du fait qu\u2019il mobilisait de nombreuses autres branches du droit international. L\u2019affaire touchait au droit international g\u00e9n\u00e9ral, au droit des trait\u00e9s, ainsi qu\u2019aux droits humains \u00e0 travers le traitement des \u00e9quipages, leur d\u00e9tention, ou encore les soup\u00e7ons de traite des \u00eatres humains et de travail forc\u00e9 \u00e0 bord des navires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des dimensions les plus int\u00e9ressantes du cas \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019int\u00e9gration croissante des enjeux environnementaux dans le contentieux du droit de la mer. Aujourd\u2019hui, la protection des milieux marins et la conservation des ressources occupent une place de plus en plus importante dans la jurisprudence du Tribunal. Le diff\u00e9rend nous amenait donc \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, les libert\u00e9s traditionnelles garanties par le droit de la mer, comme la libert\u00e9 de navigation, et, de l\u2019autre, les imp\u00e9ratifs de protection de l\u2019environnement marin et de coop\u00e9ration dans la lutte contre la p\u00eache illicite. C\u2019est ce qui rendait ce proc\u00e8s simul\u00e9 particuli\u00e8rement stimulant, car il obligeait \u00e0 articuler des questions tr\u00e8s techniques avec des enjeux g\u00e9opolitiques, environnementaux et humains beaucoup plus larges.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment se sont d\u00e9roul\u00e9s concr\u00e8tement les diff\u00e9rents jours de simulation (pr\u00e9paration, plaidoiries, travail d&rsquo;\u00e9quipe) et quels ont \u00e9t\u00e9 les moments les plus marquants pour vous ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De janvier \u00e0 la fin du mois de mars, nous \u00e9tions principalement dans une phase de r\u00e9daction des m\u00e9moires. Nous avions r\u00e9parti le travail de mani\u00e8re formelle, avec deux personnes charg\u00e9es du m\u00e9moire de la demande et deux autres du m\u00e9moire de la d\u00e9fense. Mais en pratique, le travail \u00e9tait beaucoup plus collectif. Nous nous retrouvions plusieurs fois par semaine \u00e0 l\u2019ULB, en plus du travail effectu\u00e9 \u00e0 domicile, et m\u00eame lorsque certaines parties \u00e9taient attribu\u00e9es \u00e0 une personne ou \u00e0 un bin\u00f4me, nous r\u00e9fl\u00e9chissions tr\u00e8s souvent \u00e0 quatre sur les arguments, les strat\u00e9gies, les jurisprudences ou encore la mani\u00e8re de r\u00e9pondre aux difficult\u00e9s du cas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions \u00e9galement encadr\u00e9es par Odile Dua, doctorants et chercheuse au Centre de Droit International, qui nous a \u00e9norm\u00e9ment accompagn\u00e9es tout au long de la pr\u00e9paration. Nous lui pr\u00e9sentions r\u00e9guli\u00e8rement nos avanc\u00e9es, nos recherches et notre mani\u00e8re d\u2019aborder certains arguments. Cela donnait souvent lieu \u00e0 de longues discussions.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t des m\u00e9moires \u00e0 la fin du mois de mars, nous sommes entr\u00e9es dans la pr\u00e9paration des plaidoiries. Pour ma part, j\u2019ai plaid\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9fense. Il fallait donc non seulement ma\u00eetriser parfaitement notre propre argumentation, mais aussi apprendre \u00e0 r\u00e9pondre en temps r\u00e9el aux arguments adverses, s\u2019adapter aux \u00e9changes \u00e0 l\u2019audience et anticiper les questions du Tribunal. Nous nous entra\u00eenions plusieurs fois par semaine et organisions r\u00e9guli\u00e8rement des s\u00e9ances de pr\u00e9paration afin d\u2019identifier les points qui devaient encore \u00eatre renforc\u00e9s. Nous travaillions \u00e9galement beaucoup sur les questions susceptibles d\u2019\u00eatre pos\u00e9es par les juges.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois arriv\u00e9es \u00e0 Nice, l\u2019intensit\u00e9 est encore mont\u00e9e d\u2019un cran. Les nuits sont devenues beaucoup plus courtes et les heures de travail se sont multipli\u00e9es. Durant les premiers tours, nous plaidions par bin\u00f4me. Mais d\u00e8s notre qualification en quart de finale, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 plaider toutes les quatre ensemble. Le tirage au sort nous avait alors plac\u00e9es en demande. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que tout le travail des mois pr\u00e9c\u00e9dents a r\u00e9ellement port\u00e9 ses fruits. M\u00eame si nous \u00e9tions r\u00e9parties par bin\u00f4me entre demande et d\u00e9fense, nous avions toujours travaill\u00e9 collectivement sur les deux positions. Nous \u00e9tions donc pr\u00eates \u00e0 plaider \u00e0 quatre et des deux c\u00f4t\u00e9s du diff\u00e9rend.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir des quarts de finale, le rythme est devenu encore plus intense, car nous recevions les m\u00e9moires des \u00e9quipes adverses seulement la veille au soir. Il fallait alors analyser rapidement leurs arguments, adapter nos plaidoiries et pr\u00e9parer des r\u00e9ponses pr\u00e9cises en tr\u00e8s peu de temps. Nous avons ensuite \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9es en demifinale puis en finale. Les moments d\u2019attente apr\u00e8s chaque audience, lorsque nous ne savions pas encore si nous \u00e9tions s\u00e9lectionn\u00e9es pour la suite, faisaient probablement partie des moments les plus stressants et marquants du concours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la comp\u00e9tition elle-m\u00eame, cette exp\u00e9rience a surtout \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement forte humainement. Je me souviens du moment o\u00f9 nos noms ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9s pour repr\u00e9senter l\u2019ULB. C\u2019\u00e9tait \u00e0 la fois un immense soulagement et une immense fiert\u00e9. Je garde aussi en m\u00e9moire cette journ\u00e9e du mois de mars o\u00f9 nous \u00e9tions rest\u00e9es \u00e0 l\u2019ULB de 9h du matin \u00e0 21h toutes ensemble pour finaliser les m\u00e9moires. Je me rappelle \u00e9galement des encouragements constants de notre coach lorsque la fatigue se faisait sentir, des nuits blanches pass\u00e9es \u00e0 lire de la jurisprudence et de la doctrine, ou encore des discussions interminables pour d\u00e9celer toutes les subtilit\u00e9s du cas. Je garderai \u00e9galement en m\u00e9moire chaque mot de soutien et chaque encouragement re\u00e7us tout au long de cette exp\u00e9rience.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviendrai aussi toujours du moment o\u00f9 l\u2019audience de finale s\u2019est termin\u00e9e. Une fois la plaidoirie achev\u00e9e, nous nous sommes toutes prises dans les bras, conscientes de tout le travail accompli ensemble au cours de ces derniers mois. Il y avait \u00e0 la fois du soulagement, de la fiert\u00e9 et beaucoup d\u2019\u00e9motion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En quoi cette participation au concours Charles Rousseau a-t-elle influenc\u00e9 votre mani\u00e8re d&rsquo;appr\u00e9hender le droit international et, plus largement, votre parcours ou vos projets futurs ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette participation a profond\u00e9ment influenc\u00e9 ma mani\u00e8re d\u2019appr\u00e9hender le droit international. Avant le concours, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat pour cette discipline \u00e0 travers mon parcours en science politique puis en droit international. Mais le Concours Charles Rousseau m\u2019a permis d\u2019aller beaucoup plus loin dans sa pratique concr\u00e8te et contentieuse. J\u2019ai pu mesurer encore davantage l\u2019importance de l\u2019interpr\u00e9tation des textes, de la construction de l\u2019argumentation et de l\u2019utilisation strat\u00e9gique de la jurisprudence dans le contentieux international.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le concours m\u2019a aussi confirm\u00e9 que le droit international est une mati\u00e8re particuli\u00e8rement vivante, \u00e0 la crois\u00e9e d\u2019enjeux juridiques, politiques, diplomatiques, environnementaux et humains. Cela m\u2019a particuli\u00e8rement marqu\u00e9 dans cette affaire, o\u00f9 il fallait constamment trouver un \u00e9quilibre entre la libert\u00e9 de navigation, la protection de l\u2019environnement marin, le droit des Etats c\u00f4tiers et des Etats du pavillon, ou encore les obligations de coop\u00e9ration entre \u00c9tats dans la lutte contre la p\u00eache INN.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience m\u2019a \u00e9galement permis de d\u00e9velopper davantage certaines comp\u00e9tences essentielles. Elle a renforc\u00e9 ma capacit\u00e9 \u00e0 mener des recherches juridiques approfondies, \u00e0 lire la jurisprudence de mani\u00e8re critique et \u00e0 construire des raisonnements plus rigoureux et structur\u00e9s. Elle m\u2019a surtout permis de d\u00e9velopper des r\u00e9flexes juridiques, notamment dans la mani\u00e8re d\u2019identifier rapidement les questions de droit, d\u2019anticiper les contre-arguments ou encore de construire une argumentation coh\u00e9rente et persuasive dans un cadre contentieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan personnel, le concours a aussi renforc\u00e9 ma confiance dans le fait que mon parcours pluridisciplinaire constituait une v\u00e9ritable force. Le fait d\u2019avoir une formation \u00e0 la fois en science politique et en droit international me permet d\u2019appr\u00e9hender les diff\u00e9rends internationaux sous plusieurs angles, en combinant compr\u00e9hension des dynamiques g\u00e9opolitiques et raisonnement juridique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, cette exp\u00e9rience intervient \u00e0 un moment particuli\u00e8rement important de mon parcours, puisque j\u2019arrive aujourd\u2019hui au terme de mes \u00e9tudes. Le concours a confirm\u00e9 mon int\u00e9r\u00eat pour les environnements o\u00f9 se croisent enjeux internationaux, r\u00e9flexion strat\u00e9gique et raisonnement juridique. Pendant plusieurs mois, ce travail a exig\u00e9 rigueur, capacit\u00e9 d\u2019analyse et aptitude \u00e0 articuler des questions juridiques et g\u00e9opolitiques complexes, tout en construisant une argumentation coh\u00e9rente et convaincante. Ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces dimensions intellectuelles et professionnelles que je souhaite aujourd\u2019hui retrouver dans la suite de mon parcours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avez-vous pens\u00e9 \u00e0 la situation du d\u00e9troit d\u2019Ormuz en analysant le cas \u00e9tudi\u00e9 ? Y\u2019a-t-il des similitudes ?&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, le parall\u00e8le avec le d\u00e9troit d\u2019Ormuz est revenu dans mes r\u00e9flexions, m\u00eame si le cas du Concours Charles Rousseau portait sur un autre contexte g\u00e9ographique et juridique. Ce qui faisait surtout \u00e9cho \u00e0 Ormuz, c\u2019\u00e9tait la mani\u00e8re dont le droit de la mer devient aujourd\u2019hui un espace de tension entre libert\u00e9 de navigation, s\u00e9curit\u00e9 maritime et affirmation de souverainet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019affaire, plusieurs questions rappelaient des probl\u00e9matiques tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, comme l\u2019interception de navires, la surveillance des activit\u00e9s maritimes, les pouvoirs de contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat c\u00f4tier ou encore les limites que certains \u00c9tats cherchent \u00e0 imposer \u00e0 la circulation des navires \u00e9trangers. M\u00eame si les situations n\u2019\u00e9taient pas identiques sur le plan juridique, on retrouvait cette m\u00eame tension entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la protection des int\u00e9r\u00eats s\u00e9curitaires ou \u00e9conomiques d\u2019un \u00c9tat et, de l\u2019autre, les libert\u00e9s garanties par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai notamment pens\u00e9 au r\u00e9gime du passage inoffensif pr\u00e9vu par la section 3 de la partie II de la Convention. Le d\u00e9troit d\u2019Ormuz est souvent cit\u00e9 lorsqu\u2019on \u00e9tudie les r\u00e9gimes de navigation internationale, en particulier la distinction entre passage inoffensif et passage en transit dans les d\u00e9troits utilis\u00e9s pour la navigation internationale. M\u00eame si le cas concernait principalement la haute mer, la ZEE et les pouvoirs de poursuite, ces notions revenaient dans ma r\u00e9flexion parce qu\u2019elles posent toutes la question de l\u2019\u00e9quilibre entre libert\u00e9 de circulation maritime et pouvoirs de contr\u00f4le des \u00c9tats.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des r\u00e9flexions li\u00e9es au d\u00e9troit d\u2019Ormuz, je suivais aussi avec attention plusieurs d\u00e9veloppements r\u00e9cents de l\u2019actualit\u00e9 internationale. Je pense notamment \u00e0 l\u2019arraisonnement, par les autorit\u00e9s belges et fran\u00e7aises, d\u2019un p\u00e9trolier russe soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019appartenir \u00e0 la \u00ab flotte fant\u00f4me \u00bb utilis\u00e9e pour contourner les sanctions visant les exportations de p\u00e9trole russe.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela donnait une dimension particuli\u00e8rement concr\u00e8te \u00e0 l\u2019exercice, puisque les questions abord\u00e9es dans le cadre du concours trouvaient en permanence des prolongements dans des situations r\u00e9elles et actuelles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre du concours de droit international Charles-Rousseau, organis\u00e9 entre universitaires du monde francophone, un proc\u00e8s simul\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remport\u00e9 par l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Universit\u00e9 libre de Bruxelles, dont faisait partie Marwa Chelkha, chercheuse associ\u00e9e au CERMAM. 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