{"id":2151,"date":"2026-05-19T16:32:28","date_gmt":"2026-05-19T14:32:28","guid":{"rendered":"https:\/\/cermam.org\/fr\/?p=2151"},"modified":"2026-05-19T16:32:29","modified_gmt":"2026-05-19T14:32:29","slug":"de-la-rente-au-hub-logistique-les-ambitions-portuaires-de-la-diversification-economique-doman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cermam.org\/fr\/de-la-rente-au-hub-logistique-les-ambitions-portuaires-de-la-diversification-economique-doman\/","title":{"rendered":"De la rente au hub logistique ? Les ambitions portuaires de la diversification \u00e9conomique d\u2019Oman\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p>Au centre de l\u2019attention r\u00e9gionale pour son r\u00f4le diplomatique, depuis le r\u00e8gne du Sultan Qabus bin Said (1970-2020), le Sultanat d\u2019Oman occupe \u00e9galement une position g\u00e9o-\u00e9conomique strat\u00e9gique en raison de son ouverture sur l\u2019oc\u00e9an Indien. Dans un contexte d\u2019instabilit\u00e9 du Golfe arabo-persique, cette localisation lui conf\u00e8re une connectivit\u00e9 relativement moins expos\u00e9e aux tensions affectant les principaux hubs r\u00e9gionaux, gr\u00e2ce \u00e0 sa double fa\u00e7ade maritime : au nord, par l\u2019enclave de Musandam, Oman contr\u00f4le conjointement le d\u00e9troit d\u2019Ormuz aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Iran ; au sud et \u00e0 l\u2019est, le littoral omanais s\u2019ouvre sur le Golfe d\u2019Oman et la mer d\u2019Arabie, au c\u0153ur des routes de l\u2019oc\u00e9an Indien. Si cette configuration constitue un atout strat\u00e9gique en cas de perturbation du d\u00e9troit d\u2019Ormuz, elle doit \u00eatre relativis\u00e9e au regard des performances \u00e9conomiques du Sultanat, inf\u00e9rieures \u00e0 celles de ses voisins. Dans un contexte o\u00f9 les \u00c9tats du Conseil de coop\u00e9ration du Golfe (CCG)<strong><sup>1<\/sup><\/strong> cherchent \u00e0 d\u00e9passer le mod\u00e8le rentier par la diversification de leurs \u00e9conomies (tourisme, industrie, services et logistique), Oman tente de valoriser sa position d\u2019interface entre le Moyen-Orient et l\u2019oc\u00e9an Indien. Bien que Duba\u00ef demeure le principal hub commercial r\u00e9gional, structur\u00e9 autour du port de Jebel Ali, la localisation d\u2019Oman, combin\u00e9e \u00e0 une stabilit\u00e9 diplomatique et \u00e0 son int\u00e9gration progressive dans les projets de corridors, lui conf\u00e8re un potentiel logistique croissant, dans un environnement r\u00e9gional marqu\u00e9 par une intensification des rivalit\u00e9s portuaires et des recompositions des flux commerciaux. Cette analyse interroge la port\u00e9e du projet de diversification omanais, en analysant la transformation des avantages g\u00e9ographiques du Sultanat en leviers \u00e9conomiques durables, notamment dans le secteur logistique et dans un contexte de concurrence r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la rente p\u00e9troli\u00e8re \u00e0 la diversification : strat\u00e9gies \u00e9conomiques et logistiques dans le Golfe<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats du Golfe, majoritairement caract\u00e9ris\u00e9s par un mod\u00e8le rentier, se distinguent par une d\u00e9pendance historique aux revenus p\u00e9troliers et gaziers, laquelle a fa\u00e7onn\u00e9 leur \u00e9conomie et leurs politiques publiques, tout en posant des d\u00e9fis structurels majeurs face aux instabilit\u00e9s g\u00e9o\u00e9conomiques<strong><sup>2<\/sup><\/strong> et aux fluctuations des prix des hydrocarbures.<strong><sup>3<\/sup><\/strong> Depuis la d\u00e9cennie 1990, ces \u00c9tats ont ainsi lanc\u00e9 des programmes ambitieux de transformation nationale visant \u00e0 diversifier leurs sources de revenus et \u00e0 renforcer la r\u00e9silience de leurs \u00e9conomies. Les politiques \u00e9conomiques des monarchies du Golfe se structurent aujourd\u2019hui autour de deux logiques de diversification, verticale et horizontale. La diversification verticale consiste \u00e0 renforcer la cha\u00eene de valeur des hydrocarbures par le d\u00e9veloppement de produits \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e, notamment dans la p\u00e9trochimie et la m\u00e9tallurgie, tandis que la diversification horizontale repose sur la promotion de secteurs moins d\u00e9pendants des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques.<strong><sup>4<\/sup><\/strong> Les \u00c9mirats arabes unis (\u00c9.A.U) ont partiellement r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9manciper du mod\u00e8le purement rentier, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de secteurs financiers, commerciaux, logistiques, \u00e9ducatifs et, plus r\u00e9cemment, technologiques, r\u00e9duisant significativement la part du secteur p\u00e9trolier dans leur PIB et illustrant les succ\u00e8s du \u00ab Duba\u00ef Model \u00bb, fond\u00e9 sur le d\u00e9veloppement du tourisme et des zones franches, o\u00f9 le port de Jebel Ali et les infrastructures logistiques ont constitu\u00e9 le c\u0153ur de la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique de Duba\u00ef.<strong><sup>5<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre de diversification, Oman se situe dans une position interm\u00e9diaire qualifi\u00e9e d\u2019\u00ab \u00c9tat rentier paradoxal \u00bb par Keyvan Piram, combinant certaines caract\u00e9ristiques d\u2019un p\u00e9tro-\u00c9tat, tout en restant limit\u00e9 par la volatilit\u00e9 de ses revenus et par l\u2019insuffisance de ses ressources \u00e9nerg\u00e9tiques.<strong><sup>6<\/sup><\/strong> Cette situation a conduit le Sultanat \u00e0 initier, d\u00e8s 1995, la <em>Vision 2020<\/em>, un programme ambitieux de diversification \u00e9conomique qui, malgr\u00e9 des r\u00e9sultats mitig\u00e9s face aux contraintes structurelles, aux d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 l\u2019omanisation de l\u2019emploi<strong><sup>7<\/sup><\/strong> et \u00e0 la taille plus modeste de son \u00e9conomie<strong><sup>8<\/sup><\/strong>, a pos\u00e9 les bases d\u2019une strat\u00e9gie logistique et industrielle visant \u00e0 renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9 r\u00e9gionale, notamment \u00e0 travers le d\u00e9veloppement des ports de Sohar, Salalah et Duqm et la cr\u00e9ation de zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales inspir\u00e9es des mod\u00e8les internationaux.<strong><sup>9<\/sup><\/strong> Celles-ci ont pour objectif d\u2019attirer les investissements \u00e9trangers et de g\u00e9n\u00e9rer des effets d\u2019entra\u00eenement, contribuant ainsi \u00e0 la consolidation de nouvelles activit\u00e9s \u00e9conomiques et \u00e0 la structuration de l\u2019\u00e9conomie nationale au-del\u00e0 du secteur \u00e9nerg\u00e9tique.<strong><sup>10<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces efforts ont \u00e9t\u00e9 prolong\u00e9s et amplifi\u00e9s avec la <em>Vision 2040<\/em>, qui fixe pour objectif de porter la part du secteur non p\u00e9trolier \u00e0 plus de 90 % de la richesse nationale, tout en r\u00e9duisant progressivement la pr\u00e9dominance des hydrocarbures. Bien que depuis les ann\u00e9es 2000, les revenus du secteur non-p\u00e9trolier ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par cinq \u00e0 Oman, ce secteur repr\u00e9sentait encore 36,2 % de l\u2019\u00e9conomie nationale en 2020<strong><sup>11<\/sup><\/strong>, quand l\u2019objectif initial de <em>Vision 2020<\/em> ambitionnait de r\u00e9duire la part du secteur p\u00e9trolier \u00e0 9% du PIB pour cette m\u00eame ann\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La diversification vise \u00e0 cr\u00e9er un \u00e9quilibre entre croissance \u00e9conomique, cr\u00e9ation d\u2019emplois pour la population locale et maintien de la stabilit\u00e9 sociale et macro\u00e9conomique. Elle s\u2019accompagne \u00e9galement de mesures incitatives pour les investissements directs \u00e9trangers, telles que la r\u00e9sidence longue dur\u00e9e, la facilitation de la cr\u00e9ation d\u2019entreprise, l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s financiers nationaux<strong><sup>12<\/sup><\/strong> et le d\u00e9veloppement de partenariats publics-priv\u00e9s dans les infrastructures portuaires et logistiques. Ces derni\u00e8res sont d\u00e9sormais centrales dans la strat\u00e9gie de diversification d\u2019Oman, en raison de leur r\u00f4le dans l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale et mondiale, en t\u00e9moignent les joint-ventures structur\u00e9es dans les ports omanais, visant \u00e0 attirer \u00e0 la fois des capitaux publics et priv\u00e9s et \u00e0 renforcer la connectivit\u00e9 maritime et logistique du Sultanat. Cette politique prend en compte les le\u00e7ons tir\u00e9es des r\u00e9ussites et des limites du mod\u00e8le des \u00c9.A.U et du Qatar et s\u2019inscrit dans une logique de <em>\u00ab late rentierism \u00bb<\/em> th\u00e9oris\u00e9 par Matthew Gray, qui consid\u00e8re la diversification \u00e9conomique non comme une rupture avec le mod\u00e8le rentier, mais comme un instrument de recomposition strat\u00e9gique permettant aux \u00c9tats du Golfe de g\u00e9rer plus efficacement leurs rentes, d\u2019assurer la stabilit\u00e9 \u00e0 long terme et de r\u00e9pondre aux enjeux de l\u00e9gitimit\u00e9<strong><sup>13<\/sup><\/strong> politique.<strong><sup>14<\/sup><\/strong> Dans cette m\u00eame logique, les projets s\u2019inscrivant dans le cadre de la <em>Vision 2040<\/em>, notamment dans le domaine logistique avec le d\u00e9veloppement d\u2019infrastructures portuaires, r\u00e9pondent \u00e0 un double objectif : soutenir la diversification \u00e9conomique tout en renfor\u00e7ant la l\u00e9gitimit\u00e9 politique du pouvoir par l\u2019affirmation de sa capacit\u00e9 de planification.<strong><sup>15<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, tout ceci intervient dans un contexte marqu\u00e9 par les fluctuations mondiales des hydrocarbures, les crises r\u00e9gionales, les mobilisations populaires de 2011 et la baisse des prix du p\u00e9trole \u00e0 partir de 2014, qui ont soulign\u00e9 l\u2019imp\u00e9ratif de r\u00e9formes structurelles et d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la transformation \u00e9conomique, faisant des ports et des infrastructures logistiques non seulement des leviers de diversification \u00e9conomique, mais aussi des instruments de r\u00e9assurance strat\u00e9gique et de positionnement g\u00e9opolitique r\u00e9gional et international pour le Sultanat d\u2019Oman.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Entre ports et corridors : la rivalit\u00e9 r\u00e9gionale de la logistique&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La logistique est devenue un enjeu strat\u00e9gique central pour les \u00c9tats du Golfe, en raison de leur position d\u2019interface entre deux grands p\u00f4les \u00e9conomiques mondiaux et de l\u2019intensification des \u00e9changes commerciaux entre l\u2019Asie et l\u2019Europe. Cette dynamique s\u2019inscrit toutefois dans un contexte r\u00e9gional marqu\u00e9 par une convergence des strat\u00e9gies de diversification, au point de g\u00e9n\u00e9rer, selon une analyse d\u2019un chercheur omanais, une \u00ab <em>vision tr\u00e8s myope des trajectoires \u00e9conomiques des \u00c9tats du Golfe, caract\u00e9ris\u00e9es par des effets de duplication plut\u00f4t que de sp\u00e9cialisation sectorielle<\/em> \u00bb, renfor\u00e7ant des logiques de concurrence intra-r\u00e9gionale, notamment dans la logistique, l\u2019intelligence artificielle ou le tourisme, o\u00f9 \u00e9mergent des dynamiques de comp\u00e9tition qualifi\u00e9es de \u00ab ruineuses \u00bb.<strong><sup>16<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La logistique illustre particuli\u00e8rement cette dynamique, en tant que vecteur strat\u00e9gique d\u2019internationalisation reposant sur la capacit\u00e9 \u00e0 structurer des \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e9conomiques int\u00e9gr\u00e9s.<strong><sup>17<\/sup><\/strong> Le succ\u00e8s du mod\u00e8le portuaire duba\u00efote a, \u00e0 cet \u00e9gard, d\u00e9montr\u00e9 la centralit\u00e9 de la logistique dans les strat\u00e9gies de diversification, autour de l\u2019infrastructure de Jebel Ali ayant permis l\u2019agr\u00e9gation de zones franches, de services logistiques avanc\u00e9s, d\u2019activit\u00e9s financi\u00e8res et de p\u00f4les r\u00e9sidentiels. Cette r\u00e9ussite a repos\u00e9 sur sa capacit\u00e9 \u00e0 capitaliser sur DP World, l\u2019un des cinq plus grands op\u00e9rateurs mondiaux de terminaux portuaires, qui a constitu\u00e9 un levier central de l\u2019expansion r\u00e9gionale et internationale de ses r\u00e9seaux logistiques, en renfor\u00e7ant, gr\u00e2ce \u00e0 une strat\u00e9gie d\u2019acquisitions et de contrats de concession, la connectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9mirat \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.<strong><sup>18<\/sup><\/strong> Afin de limiter la position quasi monopolistique du port de Jebel Ali, structur\u00e9e autour de l\u2019op\u00e9rateur mondial DP World, les ports omanais ont renforc\u00e9 leur insertion dans les cha\u00eenes logistiques mondiales, soit par l\u2019int\u00e9gration \u00e0 des r\u00e9seaux internationaux (APM Terminals pour Salalah depuis 1996) et par les mod\u00e8les de joint-ventures<strong><sup>19<\/sup><\/strong> : Sohar en partenariat avec le port de Rotterdam, Duqm avec celui d\u2019Anvers, et Salalah via une soci\u00e9t\u00e9 conjointe associant l\u2019\u00c9tat omanais et des investisseurs publics et priv\u00e9s.<strong><sup>20<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les trois principaux ports du Sultanat ont fait l\u2019objet d\u2019investissements massifs \u00e0 la fois par les autorit\u00e9s publiques et par des acteurs \u00e9trangers, accompagn\u00e9s de dispositifs d\u2019attractivit\u00e9 tels que les zones franches et les exemptions fiscales de longue dur\u00e9e, \u00e0 l\u2019image de celle de trente ans accord\u00e9e \u00e0 Duqm. Ces ports s\u2019imposent comme le c\u0153ur n\u00e9vralgique des ambitions logistiques omanaises, ce que traduit la position d\u2019Oman, qui disposait d\u00e8s 2018 de la troisi\u00e8me capacit\u00e9 portuaire du CCG, signe de son insertion croissante dans la comp\u00e9tition logistique r\u00e9gionale.<strong><sup>21<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, plusieurs projets portuaires omanais, initialement envisag\u00e9s comme des alternatives aux hubs \u00e9miratis, s\u2019inscrivent d\u00e8s lors dans une concurrence r\u00e9gionale asym\u00e9trique, marqu\u00e9e par la pr\u00e9\u00e9minence des \u00c9.A.U et de l\u2019Arabie saoudite dans l\u2019architecture logistique r\u00e9gionale. La strat\u00e9gie omanaise tend ainsi \u00e0 privil\u00e9gier la recherche de niches \u00e9conomiques plut\u00f4t qu\u2019une confrontation directe avec les principaux centres logistiques du Golfe.<strong><sup>22<\/sup><\/strong> Si Oman ne dispose pas d\u2019un r\u00e9seau logistique aussi dense que celui de ses deux voisins, sa localisation maritime constitue un atout strat\u00e9gique d\u00e9terminant pour ses infrastructures portuaires. Situ\u00e9 en retrait des eaux instables du Golfe arabo-persique et ouvert directement sur l\u2019oc\u00e9an Indien, le Sultanat b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un positionnement maritime singulier, et l\u2019utilisation de ses infrastructures portuaires permet ainsi de r\u00e9duire les temps et les co\u00fbts de transport entre l\u2019Asie et l\u2019Europe, en \u00e9vitant le passage par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, particuli\u00e8rement expos\u00e9 aux tensions g\u00e9opolitiques.<strong><sup>23<\/sup><\/strong> Cet avantage s\u2019inscrit dans une continuit\u00e9 historique, lorsque Oman contr\u00f4lait une partie des routes maritimes de l\u2019oc\u00e9an Indien entre les c\u00f4tes pakistanaises et l\u2019Afrique de l\u2019Est, structurant un r\u00e9seau logistique d\u2019influence r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.wixstatic.com\/media\/f35424_21d83f4cd9f84169a681fc84f09eb290~mv2.png\"><em>Sources : Donn\u00e9es regroup\u00e9es \u00e0 l\u2019aide des statistiques gouvernementales (Abu Dhabi Ports Company, DP World, Port of Salalah, Port of Sohar)<\/em><sup><strong><em>24<\/em><\/strong><\/sup><br><br><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Vers un mod\u00e8le portuaire omanais fond\u00e9 sur l\u2019int\u00e9gration, l\u2019efficacit\u00e9 et la sp\u00e9cialisation<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019instar du mod\u00e8le de Jebel Ali, les infrastructures portuaires omanaises reposent sur une int\u00e9gration \u00e9troite entre ports, zones de libre-\u00e9change et r\u00e9seaux de transport multimodaux (maritimes, a\u00e9riens et terrestres) afin de maximiser les effets d\u2019agglom\u00e9ration \u00e9conomique.<strong><sup>25<\/sup><\/strong> Les zones franches constituent \u00e0 cet \u00e9gard un instrument central des strat\u00e9gies logistiques, en facilitant l\u2019implantation d\u2019entreprises orient\u00e9es vers la r\u00e9exportation. L\u2019exemple de Duba\u00ef est r\u00e9v\u00e9lateur puisqu\u2019en 2015, pr\u00e8s de 74 % des importations de la zone franche \u00e9taient r\u00e9export\u00e9es, soulignant le r\u00f4le structurant des zones franches dans la mobilisation des corridors logistiques r\u00e9gionaux.<strong><sup>26<\/sup><\/strong>Sohar, Salalah et Duqm ont tous repris le mod\u00e8le de ces zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales pour tenter de b\u00e9n\u00e9ficier de ces effets d\u2019entra\u00eenement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette optique, Oman ambitionne de connecter ses ports aux corridors ferroviaires r\u00e9gionaux \u00e0 travers le projet Oman Rail, tout en modernisant ses principaux axes routiers, notamment la liaison Salalah-Mascate, afin d\u2019accro\u00eetre la capacit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9 de son r\u00e9seau logistique entre le Nord et Sud du pays.<strong><sup>27<\/sup><\/strong> Ces infrastructures int\u00e9gr\u00e9es sont per\u00e7ues comme un levier strat\u00e9gique majeur de la <em>Vision 2040<\/em>, avec des objectifs particuli\u00e8rement ambitieux, notamment une contribution du secteur logistique estim\u00e9e \u00e0 14 milliards de rials omanais, contre 1,5 milliard en 2014<strong><sup>28<\/sup><\/strong>, ainsi que la cr\u00e9ation de 300 000 emplois, contre 30 000 en 2014.<strong><sup>29<\/sup><\/strong> Cette trajectoire traduit la volont\u00e9 du Sultanat de se positionner comme un pivot logistique r\u00e9gional capable de s\u00e9curiser et d\u2019optimiser les flux commerciaux entre l\u2019Asie et l\u2019Europe. En 2025, le secteur maritime \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 central pour l\u2019\u00e9conomie omanaise avec une contribution commerciale \u00e0 hauteur de 16,5 milliards de rials omanais, soit 42,9 milliards USD.<strong><sup>30<\/sup><\/strong> Cependant, alors que le projet ferroviaire r\u00e9gional visait \u00e0 renforcer la connectivit\u00e9 du Golfe, son report a \u00e9t\u00e9 en partie expliqu\u00e9 par les avantages comparatifs dont dispose Oman dans le secteur maritime, susceptibles de renforcer sa position dans ce domaine et d\u2019entrer en concurrence avec les places portuaires \u00e9miraties.<strong><sup>31<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, l\u2019Index de performance logistique pla\u00e7ait, certes, Oman derri\u00e8re l\u2019Arabie saoudite, le Qatar et les \u00c9.A.U ; toutefois, le Sultanat se distinguait par la densit\u00e9 de ses connexions internationales, qui rivalisent par leur nombre avec celles de ses voisins. Il disposait alors de 40 connexions internationales, contre 25 pour le Qatar, 49 pour l\u2019Arabie saoudite et 55 pour les \u00c9.A.U.<strong><sup>32<\/sup><\/strong> Bien que les ports omanais ne figurent pas parmi les plus grands du monde en volume de conteneurs, une gestion optimis\u00e9e peut pourtant les classer parmi les meilleurs au niveau mondial en termes de performance globale. Ainsi, en 2023, la Banque mondiale et S&amp;P Global ont class\u00e9 le port de Salalah comme le deuxi\u00e8me port \u00e0 conteneur le plus performant au monde, gr\u00e2ce \u00e0 son efficacit\u00e9 op\u00e9rationnelle, ses temps d\u2019attente r\u00e9duits et sa productivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e. \u00c0 titre de comparaison, le port de Jebel Ali, pourtant bien plus grand en volume, n\u2019occupe que la 49\u1d49 place. Les autres ports omanais, tels que Sohar (66\u1d49) et Duqm (158\u1d49), soulignent l\u2019importance d\u2019am\u00e9liorer les capacit\u00e9s de d\u00e9chargement et la productivit\u00e9 afin de rivaliser avec les leaders mondiaux<em>.<\/em><strong><sup>33<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9mergence de nouveaux ports sur les fa\u00e7ades du golfe d\u2019Oman et de la mer d\u2019Arabie, notamment Gwadar (Pakistan) et Chabahar<strong><sup>34<\/sup><\/strong>(Iran), conjugu\u00e9e au renforcement des infrastructures portuaires omanaises, est susceptible de relativiser la position dominante de Jebel Ali, tandis que les ports plus \u00e9loign\u00e9s de ces axes strat\u00e9giques demeurent p\u00e9nalis\u00e9s par un d\u00e9ficit d\u2019avantages comparatifs en mati\u00e8re de connectivit\u00e9 et d\u2019attractivit\u00e9 logistique, en raison de leur \u00e9loignement des principales routes maritimes et des march\u00e9s r\u00e9gionaux.<strong><sup>35<\/sup><\/strong> Les \u00c9.A.U misent alors sur une strat\u00e9gie de surcapacit\u00e9 portuaire avec des hubs comme Jebel Ali pour dominer le trafic mondial, alors que le Sultanat adopte plut\u00f4t une approche centr\u00e9e sur l\u2019efficacit\u00e9 et la sp\u00e9cialisation. Ses trois principaux ports affichent des taux d\u2019utilisation mod\u00e9r\u00e9s, \u00e9vitant ainsi la congestion et optimisant les temps d\u2019escale. Contrairement aux \u00c9.A.U, o\u00f9 la saturation des infrastructures peut peser sur la performance op\u00e9rationnelle<sup>36<\/sup>, Oman capitalise sur une gestion agile, des niches strat\u00e9giques et une position g\u00e9ographique avantageuse. Cela \u00e9tant, avec un volume annuel inf\u00e9rieur \u00e0 celui des \u00c9.A.U, le Sultanat reste limit\u00e9 dans sa capacit\u00e9 \u00e0 attirer les m\u00e9ga-alliances maritimes sur la dur\u00e9e, qui privil\u00e9gient les hubs capables de traiter des dizaines de millions de conteneurs. Cette compl\u00e9mentarit\u00e9 entre volume et efficacit\u00e9 met en \u00e9vidence deux mod\u00e8les portuaires distincts, l\u2019un fond\u00e9 sur la domination quantitative, l\u2019autre sur la performance qualitative. Les ports omanais misent sur une croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et cibl\u00e9e, alliant une efficacit\u00e9 op\u00e9rationnelle sup\u00e9rieure \u00e0 une expansion progressive, afin d\u2019\u00e9viter les co\u00fbts d\u2019une surcapacit\u00e9.<strong><sup>37<\/sup><\/strong> Toutefois, bien que le port de Duqm ait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 comme une alternative capable d\u2019absorber la capacit\u00e9 exc\u00e9dentaire des autres ports r\u00e9gionaux plut\u00f4t que de reconfigurer la logistique r\u00e9gionale<strong><sup>38<\/sup><\/strong>, cette capacit\u00e9 d\u2019absorption pour Oman tend \u00e0 se r\u00e9duire sous l\u2019effet des strat\u00e9gies d\u2019expansion des capacit\u00e9s portuaires des \u00c9mirats arabes unis.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit d\u2019atouts manifestes en mati\u00e8re de performance globale pour certains ports omanais, \u00e0 l\u2019image de Salalah, les hubs \u00e9miratis, en particulier Duba\u00ef, conservent une attractivit\u00e9 sup\u00e9rieure, notamment en raison de co\u00fbts logistiques plus comp\u00e9titifs, rendus possibles par l\u2019optimisation des services et les \u00e9conomies d\u2019agglom\u00e9ration. En comparaison, le port de Sohar b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019effets d\u2019agglom\u00e9ration li\u00e9s \u00e0 sa proximit\u00e9 avec les zones dens\u00e9ment peupl\u00e9es et la capitale, tandis que Salalah en tire \u00e9galement parti, contrairement \u00e0 Duqm, en marge de cette concentration de services et de population.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 sa concentration et \u00e0 ses infrastructures performantes, Jebel Ali peut ainsi offrir des prix tr\u00e8s comp\u00e9titifs. En 2014, le co\u00fbt par conteneur (EVP) \u00e9tait sup\u00e9rieur de 90 dollars \u00e0 Oman pour les exportations et de 65 dollars pour les importations par rapport aux ports \u00e9miratis, en partie en raison d\u2019un manque de coordination entre les ports nationaux.<strong><sup>39<\/sup><\/strong> Les \u00c9.A.U. demeurent le principal partenaire \u00e9conomique d\u2019Oman, lequel a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette plateforme logistique plus comp\u00e9titive, notamment pour les activit\u00e9s de r\u00e9exportation, au risque toutefois de limiter le d\u00e9veloppement de ses infrastructures nationales.<strong><sup>40<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces d\u00e9s\u00e9quilibres, Oman a intensifi\u00e9, depuis les ann\u00e9es 2010, le d\u00e9veloppement de ses infrastructures portuaires dans le cadre de sa strat\u00e9gie de diversification \u00e9conomique et de renforcement de son r\u00f4le logistique r\u00e9gional, notamment \u00e0 travers la cr\u00e9ation de la Oman Logistics Company (OGL), connue sous le nom d\u2019ASYAD.<strong><sup>41<\/sup><\/strong> Le regroupement des entreprises logistiques et des joint-ventures au sein d\u2019une entit\u00e9 unique vise pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 am\u00e9liorer la performance globale du secteur et \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle, en optimisant la coordination des flux et des infrastructures.<strong><sup>42<\/sup><\/strong> Parall\u00e8lement, afin de d\u00e9passer la fragmentation du syst\u00e8me portuaire national, Oman a progressivement mis en place une strat\u00e9gie de sp\u00e9cialisation fonctionnelle de ses ports, inscrite dans une logique de compl\u00e9mentarit\u00e9 r\u00e9gionale. Salalah est principalement orient\u00e9 vers le transbordement<strong><sup>43<\/sup><\/strong>, Sohar vers les marchandises g\u00e9n\u00e9rales, tandis que Duqm se structure autour des activit\u00e9s industrielles et de sa zone \u00e9conomique sp\u00e9ciale (SEZAD). Cette derni\u00e8re, avec ses 2 000 km\u00b2 et 80 km de littoral, est la plus grande du Moyen-Orient et abrite depuis 2022 un port en eaux profondes qui positionne cette r\u00e9gion isol\u00e9e comme un carrefour logistique strat\u00e9gique, s&rsquo;inscrivant dans le cadre de la strat\u00e9gie chinoise de Belt and Road Initiative (BRI).<strong><sup>44<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Oman au coeur de la recomposition des corridors logistiques&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte de rivalit\u00e9s entre les places portuaires des pays du Golfe, la question des corridors logistiques renforce et alimente cette comp\u00e9tition. La Chine occupe une place centrale dans leur strat\u00e9gie logistique et portuaire. La r\u00e9orientation progressive des \u00e9conomies du Golfe, historiquement tourn\u00e9es vers les march\u00e9s occidentaux, vers les \u00e9conomies asiatiques conf\u00e8re \u00e0 la r\u00e9gion une importance accrue pour P\u00e9kin.<strong><sup>45<\/sup><\/strong> Premier investisseur dans le monde arabe, la Chine mobilise la BRI pour s\u00e9curiser ses flux commerciaux et \u00e9nerg\u00e9tiques<strong><sup>46<\/sup><\/strong>, en investissant notamment dans les infrastructures portuaires de Fujairah aux \u00c9mirats arabes unis, en retrait du d\u00e9troit d\u2019Ormuz, et de Duqm \u00e0 Oman, financ\u00e9 \u00e0 hauteur d\u2019environ 10 milliards de dollars pour des infrastructures logistiques et p\u00e9troli\u00e8res.<strong><sup>47<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oman participe ainsi \u00e0 ce sch\u00e9ma de corridors logistiques de la Chine. La fa\u00e7ade maritime omanaise offre \u00e0 la Chine un point d\u2019ancrage strat\u00e9gique hors du d\u00e9troit d\u2019Ormuz, facilitant l\u2019acheminement du p\u00e9trole vers l\u2019Asie &#8211; Oman exportant la majeure partie de son p\u00e9trole vers la Chine &#8211; tout en ouvrant des perspectives de r\u00e9exportation vers l\u2019ensemble du Moyen-Orient via des corridors terrestres. Si les ports omanais b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une localisation strat\u00e9gique les situant \u00e0 moins de deux semaines de navigation des principaux ports intercontinentaux, ils disposent \u00e9galement de trois ports en eaux profondes de niveau mondial, permettant de r\u00e9duire les d\u00e9tours de plusieurs milliers de milles nautiques pour les navires se rendant notamment vers Jebel Ali.<strong><sup>48<\/sup><\/strong> L\u2019interface entre Oman et le corridor \u00e9conomique Chine-Pakistan, en lien avec le port de Gwadar, accentue l\u2019attractivit\u00e9 de la fa\u00e7ade maritime omanaise. Bien qu\u2019ils aient pu \u00eatre positionn\u00e9s en concurrence frontale, Duqm et Gwadar peuvent \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9s comme des infrastructures compl\u00e9mentaires au sein de la BRI, permettant de capter des flux commerciaux croissants entre l\u2019Asie du Sud, le Golfe et l\u2019oc\u00e9an Indien dans un contexte o\u00f9 le corridor passant par le Pakistan constitue le plus dynamique des nouvelles routes de la soie chinoises.<strong><sup>49<\/sup><\/strong> Le d\u00e9senclavement de la r\u00e9gion du Xinjiang chinois via ce corridor Chine-Pakistan vers la fa\u00e7ade maritime du d\u00e9troit d\u2019Ormuz constitue un moteur \u00e9conomique pour la r\u00e9gion. En effet, cet axe r\u00e9duit les co\u00fbts de transport par conteneur et les temps de transit par rapport aux routes traditionnelles passant par le d\u00e9troit de Malacca. Ces gains, combin\u00e9s \u00e0 une distance raccourcie, positionnent les ports omanais comme Salalah en relais strat\u00e9giques pour les flux entre l\u2019Asie du Sud, le Golfe et l\u2019oc\u00e9an Indien, tout en compl\u00e9mentant Gwadar dans une logique de sp\u00e9cialisation r\u00e9gionale.<strong><sup>50<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette dynamique s\u2019inscrit \u00e9galement dans la concurrence entre grands projets de corridors r\u00e9gionaux. Alors que l\u2019IMEC (India-Middle East-Europe Economic Corridor), instrument \u00e0 forte dimension occidentale visant \u00e0 contenir l\u2019influence chinoise, int\u00e8gre \u00e0 la fois l\u2019Arabie saoudite et les \u00c9.A.U, Oman en \u00e9tant exclu, l\u2019INSTC (International North-South Transport Corridor), auquel Oman participe, et la BRI renforcent le r\u00f4le strat\u00e9gique de Duqm, Sohar et Salalah dans la connexion entre l\u2019Asie et l\u2019Europe.<sup>51<\/sup> Ainsi, l\u2019articulation entre ports et corridors r\u00e9v\u00e8le que la logistique est devenue pour Oman un instrument de puissance \u00e9conomique et g\u00e9opolitique. Les infrastructures portuaires, combin\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9gration dans les corridors internationaux et \u00e0 la pr\u00e9sence chinoise via la BRI, constituent \u00e0 la fois des leviers de diversification \u00e9conomique et des outils de positionnement strat\u00e9gique face aux autres monarchies du Golfe et aux grandes puissances. Dans un contexte de rivalit\u00e9 logistique r\u00e9gionale exacerb\u00e9e, le potentiel de red\u00e9finition des \u00e9quilibres logistiques appara\u00eet avec une acuit\u00e9 particuli\u00e8re en p\u00e9riode de crise r\u00e9gionale, lorsque l\u2019existence d\u2019une interface maritime situ\u00e9e en dehors des principales zones de tensions g\u00e9omaritimes constitue une alternative plus s\u00fbre et plus attractive pour les flux commerciaux.<strong><sup>52<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion :<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Si la logistique, devenue un enjeu central au sein des \u00c9tats du CCG, s\u2019inscrit dans une dynamique de rivalit\u00e9 croissante au service des strat\u00e9gies de diversification \u00e9conomique, en raison de la forte valeur ajout\u00e9e associ\u00e9e aux secteurs portuaires et aux infrastructures de transport, en p\u00e9riode de crise, ce mod\u00e8le se r\u00e9v\u00e8le particuli\u00e8rement expos\u00e9 dans des \u00e9conomies dont la stabilit\u00e9 d\u00e9pend \u00e9troitement des voies maritimes, notamment pour les \u00c9tats dont la fa\u00e7ade donne exclusivement sur le Golfe arabo-persique, et qui demeurent vuln\u00e9rables aux perturbations des flux en situation de conflit.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une r\u00e9gion structur\u00e9e par une instabilit\u00e9 persistante depuis la guerre Iran-Irak, la gestion des incertitudes g\u00e9opolitiques fait de la diplomatie un instrument essentiel de s\u00e9curisation des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques. Le Sultanat d\u2019Oman s\u2019en distingue par une politique \u00e9trang\u00e8re reposant sur une logique de coop\u00e9ration \u00e9quilibr\u00e9e avec l\u2019ensemble des acteurs r\u00e9gionaux, y compris l\u2019Iran, dont la centralit\u00e9 g\u00e9opolitique rend toute strat\u00e9gie d\u2019exclusion structurellement contre-productive.<strong><sup>53<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sa posture de stabilisation dans un espace strat\u00e9gique marqu\u00e9 par les tensions a renforc\u00e9 sa r\u00e9silience lors de la guerre contre l\u2019Iran d\u00e9clench\u00e9e le 28 f\u00e9vrier 2026, qui a durement affect\u00e9 les \u00c9tats du Golfe les plus d\u00e9pendants du Golfe arabo-persique, notamment les \u00c9.A.U, dont les infrastructures logistiques, y compris les ports de Jebel Ali et de Fujairah, ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9es.<strong><sup>54<\/sup><\/strong> Bien que certaines installations portuaires omanaises aient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es, la capacit\u00e9 de r\u00e9assurance du Sultanat, fond\u00e9e sur la limitation des contentieux r\u00e9gionaux, a contribu\u00e9 \u00e0 renforcer l\u2019attractivit\u00e9 relative de ses ports.<strong><sup>55<\/sup><\/strong> Parmi les \u00c9tats du Golfe, seul Oman n\u2019a pas subi de pertes dans ses exportations de p\u00e9trole au 8 avril 2026, enregistrant m\u00eame des ventes exc\u00e9dentaires<strong><sup>56<\/sup><\/strong>, tandis que, le 9 mars 2026, le deuxi\u00e8me op\u00e9rateur mondial Maersk a annonc\u00e9 la suspension de ses activit\u00e9s maritimes dans l\u2019ensemble de la r\u00e9gion, \u00e0 l\u2019exception du port omanais de Salalah, qui s\u2019est ainsi impos\u00e9 comme le principal point de redirection des flux maritimes r\u00e9gionaux.<strong><sup>57<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette dynamique s\u2019inscrit dans le prolongement de la crise du Golfe (2017-2021), au cours de laquelle le Qatar avait redirig\u00e9 une partie de ses flux maritimes vers les ports omanais de Salalah et de Sohar, utilis\u00e9s comme plateformes de transbordement afin de contourner les restrictions impos\u00e9es par le blocus, au d\u00e9triment du port de Jebel Ali.<strong><sup>58<\/sup><\/strong> Toutefois, ces r\u00e9orientations demeurent largement conjoncturelles car leur p\u00e9rennisation d\u00e9pend des dynamiques de l\u2019apr\u00e8s-crise et de la capacit\u00e9 d\u2019Oman \u00e0 transformer ces opportunit\u00e9s circonstancielles en trajectoires \u00e9conomiques durables pour les acteurs \u00e9conomiques.<strong><sup>59<\/sup><\/strong> La r\u00e9silience et l\u2019attractivit\u00e9 du r\u00e9seau portuaire omanais apparaissent comme des leviers strat\u00e9giques essentiels, non seulement pour la diversification \u00e9conomique, mais aussi pour le positionnement g\u00e9opolitique du Sultanat comme plateforme logistique stable et neutre \u00e0 long terme.<strong><sup>60<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Maxime Fritsch<\/strong>, chercheur associ\u00e9 au CERMAM<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>1. Le Conseil de coop\u00e9ration du Golfe (CCG), officiellement Conseil de coop\u00e9ration des \u00c9tats arabes du Golfe (CCEAG), est une organisation r\u00e9gionale regroupant les six monarchies de la p\u00e9ninsule Arabique (Arabie saoudite, Bahre\u00efn, \u00c9mirats arabes unis, Kowe\u00eft, Oman, Qatar), fond\u00e9e en 1981, et visant leur int\u00e9gration \u00e9conomique ainsi que leur coordination politique et s\u00e9curitaire.<\/li>\n\n\n\n<li>2. Cette dualit\u00e9 de la rente p\u00e9troli\u00e8re s\u2019illustre \u00e0 la fois par l\u2019instabilit\u00e9 li\u00e9e aux fluctuations des prix du p\u00e9trole et par l\u2019utilisation strat\u00e9gique de l\u2019arme p\u00e9troli\u00e8re par les pays producteurs, notamment lors de la guerre d\u2019octobre 1973, marqu\u00e9e \u00e0 la fois par l\u2019embargo d\u00e9cid\u00e9 par les \u00c9tats membres de l\u2019OPAEP (Organisation des pays arabes exportateurs de p\u00e9trole) et par les hausses de prix ent\u00e9rin\u00e9es dans le cadre de l\u2019OPEP (Organisation des pays exportateurs de p\u00e9trole).<\/li>\n\n\n\n<li>3. Hazem Beblawi, Giacomo Luciani (eds). <em>The Rentier State<\/em>. Londres, <em>Croom Helm<\/em>, 1987 ; Voir \u00e9galement une r\u00e9flexion sur la rente dans les \u00e9conomies du Moyen-Orient : Ziad Daoud. \u00ab A Theory of Everything for the Middle East Political Economy \u00bb. <em>Harvard<\/em> <em>Kennedy School. Belfer Center for Science and International Affairs<\/em>, mai 2026, pp. 1-15 (<a href=\"https:\/\/www.belfercenter.org\/research-analysis\/theory-everything-middle-east-political-economy\">https:\/\/www.belfercenter.org\/research-analysis\/theory-everything-middle-east-political-economy<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>4. Martin Hvidt. \u00ab Economic diversification in GCC countries : Past record and future trends \u00bb. <em>London School of Economics<\/em>, 2013, pp. 34-35 et Marc Valeri. \u00ab Economic Diversification and Energy Security in Oman: Natural Gas, the X Factor ? \u00bb. <em>Journal of Arabian Studies<\/em>, Vol. 10, No. 1, 2020, pp. 159-174<\/li>\n\n\n\n<li>5. Martin Hvidt. \u00ab The Emergence and Spread of The \u201cDubai Model\u201d in the GCC Countries \u00bb in Mehran Kamrava (dir.). <em>Routledge Handbook of Persian Gulf Politics<\/em>. Oxon, <em>Routledge<\/em>, 2020, pp. 203-213.<\/li>\n\n\n\n<li>6. Keyvan Piram. <em>P\u00e9trole et Relations Internationales dynamiques, mythes et r\u00e9alit\u00e9s. <\/em>Th\u00e8se de doctorat en Science Politique<em>, Universit\u00e9 Paris Panth\u00e9on Assas, <\/em>2023<em>, <\/em>pp. 538-540.<\/li>\n\n\n\n<li>7. La politique d\u2019\u201comanisation\u201d consiste \u00e0 la nationalisation des emplois au b\u00e9n\u00e9fice des citoyens omanais.<\/li>\n\n\n\n<li>8. Marc Valeri. \u00ab Le Sultanat d\u2019Oman en qu\u00eate d\u2019un second souffle. Un r\u00e9gime aux prises avec la n\u00e9cessaire diversification de son \u00e9conomie et l\u2019\u00e9mergence de revendications identitaires \u00bb. <em>Les \u00c9tudes du CERI<\/em>, 2005, pp. 1-35.<\/li>\n\n\n\n<li>9. Aisha Al Sarihi. \u00ab Oman\u2019s Shift to a Post Oil Economy \u00bb in H\u00e9la Miniaoui (ed.). <em>Economic Development in the Gulf Cooperation Council Countries. From Rentier States to Diversied Economies<\/em>. Singapour, <em>Springer<\/em>, 2020, pp. 125-138<\/li>\n\n\n\n<li>10. Matthew Gray. \u00ab A Theory of \u201cLate Rentierism\u201d in the Arab Gulf States of the Gulf \u00bb, <em>Center for International and Regional Studies of Georgetown University in Qatar<\/em>, 2011, p. 33.<\/li>\n\n\n\n<li>11. National Centre for Statistics and Information of the Sultanate of Oman. \u00ab Oman statistical Year Book 2024 \u00bb. 2024, pp. 255-265<\/li>\n\n\n\n<li>12. Oman Observer. \u00ab Oman\u2019s 10-Year Golden Residency attracts global interest \u00bb, 6 d\u00e9cembre 2025 (<a href=\"https:\/\/www.omanobserver.om\/article\/1180698\/business\/economy\/omans-10-year-golden-residency-attracts-global-interest\">https:\/\/www.omanobserver.om\/article\/1180698\/business\/economy\/omans-10-year-golden-residency-attracts-global-interest<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>13. Les monarchies du Golfe ne reposent pas sur des syst\u00e8mes politiques d\u00e9mocratiques, le pouvoir y \u00e9tant largement concentr\u00e9 entre les mains des familles r\u00e9gnantes. Leur l\u00e9gitimit\u00e9 politique repose principalement sur la redistribution de la rente et sur des m\u00e9canismes de patronage, plut\u00f4t que sur la repr\u00e9sentation \u00e9lectorale. (Voir : Jean Leca, Yves Schemeil. \u00ab Client\u00e9lisme et patrimonialisme dans le monde arabe \u00bb. <em>Revue internationale de science politique<\/em>, Vol. 4, No. 4, 1983, pp. 455-494)<\/li>\n\n\n\n<li>14. Matthew Gray. \u00ab A Theory of \u201cLate Rentierism\u201d in the Arab Gulf States of the Gulf \u00bb,<em> op.cit<\/em>., pp. 1-37<\/li>\n\n\n\n<li>15. Giorgio Cafiero, Samuel Ramani. \u00ab Duqm at the Crossroads : Oman\u2019s Strategic Port and Its Role in Vision 2040 \u00bb. <em>Carnegie Endowment<\/em>, 3 mars 2026 (<a href=\"https:\/\/carnegieendowment.org\/sada\/2026\/03\/duqm-at-the-crossroads-omans-strategic-port-and-its-role-in-vision-2040\">https:\/\/carnegieendowment.org\/sada\/2026\/03\/duqm-at-the-crossroads-omans-strategic-port-and-its-role-in-vision-2040<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>16. Entretien avec un chercheur omanais sp\u00e9cialiste des questions g\u00e9o\u00e9conomiques, Mascate, F\u00e9vrier 2026<\/li>\n\n\n\n<li>17. Rafeef Ziadah. \u00ab Transport Infrastructure and Logistics in the Making of Dubai INC \u00bb. <em>International Journal of Urban and Regional Research<\/em>, Vol. 42, No. 2, 2018, pp. 1-16<\/li>\n\n\n\n<li>18. Ibid., p. 6<\/li>\n\n\n\n<li>19. Une joint venture est un partenariat entre diff\u00e9rents acteurs (entreprises, entit\u00e9s publiques ou parapubliques) visant notamment \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 de nouveaux march\u00e9s, avec partage des risques et des b\u00e9n\u00e9fices, tout en restant juridiquement ind\u00e9pendants.<\/li>\n\n\n\n<li>20. Rafeef Ziadah. \u00ab Constructing a logistics space : Perspectives from the Gulf Cooperation Council \u00bb, <em>Environment and Planning D : Society and Space<\/em>, Vol. 36, No. 4, 2018, pp. 673-675<\/li>\n\n\n\n<li>21. Ibid., p. 673<\/li>\n\n\n\n<li>22. Entretien avec un chercheur omanais sp\u00e9cialiste des questions g\u00e9o\u00e9conomiques, Mascate, F\u00e9vrier 2026<\/li>\n\n\n\n<li>23. Saranjam Baig, Roa Al Shidhani, Kashif Hasan Khan. \u00ab The Impact of Geoeconomic and Political Factors in the Middle East on the Development Prospects of IMEC \u00bb. <em>Asian Journal of Middle Eastern and Islamic Studies<\/em>, 2026, pp. 5-7<\/li>\n\n\n\n<li>24. S\u2019agissant du port de Duqm, les donn\u00e9es de trafic conteneuris\u00e9 ne sont pas disponibles pour 2024.<\/li>\n\n\n\n<li>25. Rafeef Ziadah. \u00ab Constructing a logistics space : Perspectives from the Gulf Cooperation Council \u00bb, <em>op.cit<\/em>., p. 672<\/li>\n\n\n\n<li>26. Rafeef Ziadah. \u00ab Transport Infrastructure and Logistics in the Making of Dubai INC \u00bb, <em>op.cit<\/em>., p. 6<\/li>\n\n\n\n<li>27. Mahmood Humaiyid Hamed Al-Wahaibi. \u00ab Logistics Hubs in Oman and Political Uncertainty in the Gulf \u00bb. <em>Contemporary Review of the Middle East<\/em>, Vol. 6, No. 2, 2019, pp. 136-139<\/li>\n\n\n\n<li>28. 1,5 milliards de rials omanais de 2014 correspondait \u00e0 3,9 milliards USD<\/li>\n\n\n\n<li>29. Mahmood Humaiyid Hamed Al-Wahaibi. \u00ab Logistics Hubs in Oman and Political Uncertainty in the Gulf \u00bb, op.cit., p. 115<\/li>\n\n\n\n<li>30. Foreign Ministry of Oman. \u00ab Oman\u2019s Ports \u2013 Adding value to the economy \u00bb, 24 mars 2025 (<a href=\"https:\/\/www.fm.gov.om\/en\/22967\/\">https:\/\/www.fm.gov.om\/en\/22967\/<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>31. Camille Lons. \u00ab Oman : between Iran and a hard place \u00bb. <em>European Council on Foreign Relations<\/em>, 3 mai 2018 (<a href=\"https:\/\/ecfr.eu\/article\/commentary_oman_between_iran_and_a_hard_place1\/\">https:\/\/ecfr.eu\/article\/commentary_oman_between_iran_and_a_hard_place1\/<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>32. World Bank. \u00ab Connecting to Compete 2023. Trade Logistics in an Uncertain Global Economy. The Logistics Performance Index and Its Indicators \u00bb, 2024, pp. 32-38 (<a href=\"https:\/\/lpi.worldbank.org\/sites\/default\/files\/2023-04\/LPI_2023_report_with_layout.pdf\">https:\/\/lpi.worldbank.org\/sites\/default\/files\/2023-04\/LPI_2023_report_with_layout.pdf<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>33. World Bank. \u00ab The Container Port Performance Index 2023 : A Comparable Assessment of Performance based on Vessel Time in Port \u00bb, 2024, pp. 1-82 (<a href=\"https:\/\/documents.worldbank.org\/en\/publication\/documents-reports\/documentdetail\/099060324114539683\">https:\/\/documents.worldbank.org\/en\/publication\/documents-reports\/documentdetail\/099060324114539683<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>34. Le port de Chabahar, op\u00e9r\u00e9 dans un cadre de coop\u00e9ration bilat\u00e9rale Iran\u2013Inde, sert de point d\u2019acc\u00e8s maritime cl\u00e9 \u00e0 la branche orientale du corridor INSTC reliant l\u2019Inde \u00e0 l\u2019Iran et \u00e0 l\u2019Asie centrale.<\/li>\n\n\n\n<li>35. Eleonora Ardemagni. \u00ab Gulf Powers : Maritime Rivalry in the Western Indian Ocean \u00bb. <em>Istituto Per Gli Studi Di Politica Internazionale <\/em>(<em>ISPI<\/em>), No. 321, avril 2018, pp. 2-7<\/li>\n\n\n\n<li>36. Le port d\u2019Abu Dhabi (Khalifa), alors 3\u1d49 port \u00e0 conteneurs le plus performant au monde gr\u00e2ce \u00e0 son efficacit\u00e9 op\u00e9rationnelle en 2022, derri\u00e8re celui de Salalah (Oman), se retrouvait \u00e0 la 29\u1d49 place en 2023.<\/li>\n\n\n\n<li>37. Rafeef Ziadah. \u00ab Constructing a logistics space : Perspectives from the Gulf Cooperation Council \u00bb, <em>op.cit<\/em>., pp. 675-677<\/li>\n\n\n\n<li>38. Giorgio Cafiero, Samuel Ramani. \u00ab Duqm at the Crossroads : Oman\u2019s Strategic Port and Its Role in Vision 2040 \u00bb, <em>op.cit.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>39. Mahmood Humaiyid Hamed Al-Wahaibi. \u00ab Logistics Hubs in Oman and Political Uncertainty in the Gulf \u00bb, <em>op.cit<\/em>., p. 115<\/li>\n\n\n\n<li>40. Ibid., pp. 112-113<\/li>\n\n\n\n<li>41. Ibid., pp. 111-112<\/li>\n\n\n\n<li>42. Jeffrey R. Kinnier. \u00ab Duqm and Salalah : Oman\u2019s Ports and Special Economic Zones \u00bb in Allen James Fromherz, Abdulrahman al-Salimi (eds.). <em>Sultan Qaboos and Modern Oman 1970\u20132020<\/em>. Edinburg, <em>Edinburg University Press<\/em>, 2022, p. 378<\/li>\n\n\n\n<li>43. Le port de Salalah demeure une interface importante dans le r\u00e9seau logistique et maritime de l\u2019op\u00e9rateur mondial Maersk<\/li>\n\n\n\n<li>44. Otari Kakhidze. \u00ab The Special Economic Zone at Duqm, Oman. A Chinese-Invested Strategic Port \u00bb in Matthew S. Erie (ed.). <em>A Casebook on Chinese Outbound Investment : Law, Policy, and Business<\/em>. Cambridge, <em>Cambridge University Press<\/em>, 2025, pp. 172-194 et Mohammed Al Sudairi. \u00ab Sino-Omani Relations \u00bb in Jonathan Fulton (ed.). <em>Routledge Handbook on China-Middle East Relations<\/em>. Oxon, <em>Routledge<\/em>, 2022, pp. 209-211<\/li>\n\n\n\n<li>45. Mat\u00e9 Szalai. \u00ab Smaller Gulf states and competing geopolitical scripts in the Indo\u2011Pacific \u00bb. <em>International Politics<\/em>, 2025, pp. 1-26<\/li>\n\n\n\n<li>46. Narayanappa Janardhan. \u00ab Contextualising the Gulf\u2019s \u2018Look East\u2019 Policy \u00bb in Narayanappa Janardhan (ed.). <em>The Arab Gulf\u2019s Pivot to Asia. From Transactional to Strategic Partnerships<\/em>. Berlin, <em>Gerlach Press<\/em>, 2020, p. 20<\/li>\n\n\n\n<li>47. Karen Young. \u00ab The Gulf\u2019s Eastward Turn : The Logic of Gulf-China Economic Ties \u00bb. <em>Journal of Arabian Studies<\/em>, 2019, p. 242<\/li>\n\n\n\n<li>48. Mordechai Chaziza. \u00ab The Significant Role of Oman in China\u2019s Maritime Silk Road Initiative \u00bb. <em>Contemporary Review of the Middle East<\/em>, Vol. 6, No. 1, 2019, pp. 51-52<\/li>\n\n\n\n<li>49. Jonathan Fulton. <em>China\u2019s Relations with the Gulf Monarchies<\/em>. Oxon, <em>Routledge<\/em>, 2019, p. 129<\/li>\n\n\n\n<li>50. Khalid Mehmood Alam, Xuemei Li, Saranjam Baig. \u00ab Impact of Transport Cost and Travel Time on Trade under China-Pakistan Economic Corridor (CPEC) \u00bb. <em>Journal of Advanced Transportation<\/em>, 2019, pp. 1-16<\/li>\n\n\n\n<li>51. Saranjam Baig, Roa Al Shidhani, Kashif Hasan Khan. \u00ab The Impact of Geoeconomic and Political Factors in the Middle East on the Development Prospects of IMEC \u00bb, <em>op.cit<\/em>., p. 2<\/li>\n\n\n\n<li>52. Robert Mogielnicki.&nbsp; \u00ab New Regional Corridors Emerge Amid Iran Conflict \u00bb. <em>Arab Gulf States Institute<\/em>, 16 avril 2026 (<a href=\"https:\/\/agsi.org\/analysis\/new-regional-corridors-emerge-amid-iran-conflict\/\">https:\/\/agsi.org\/analysis\/new-regional-corridors-emerge-amid-iran-conflict\/<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>53. Francis Owtram. \u00ab \u201cFriend to All, Enemy to None\u201d : Oman\u2019s Quiet Diplomacy since 1970 \u00bb in Allen James Fromherz, Abdulrahman al-Salimi (eds.). <em>Sultan Qaboos and Modern Oman, 1970-2020<\/em>. Edinburg, <em>Edinburgh University Press,<\/em> 2022, pp. 437\u2013454 ; Marc Valeri. \u00ab Iran-Oman Relations Since the 1970s : A Mutually Beneficial <em>Modus Vivendi<\/em> \u00bb in Gawdat Bahgat, Anoushiravan Ehteshami, Neil Quilliam (eds.). <em>Security and Bilateral Issues between Iran and its Arab Neighbours. <\/em>Cham<em>, Palgrave Macmillan<\/em>, 2017, pp. 149-166 et Abdullah Baabood. \u00ab Oman\u2019s Independent Foreign Policy \u00bb in Khalid Almezaini, Jean-Marc Rickli (eds.)<em>. The Small Gulf States. Foreign and security policies before and after the Arab Spring. <\/em>Oxon<em>, Routledge<\/em>, 2017, pp. 107-122<\/li>\n\n\n\n<li>54. Tim Callen. \u00ab The Economic Impact of the Iran Conflict on the Gulf \u00bb. <em>Arab Gulf State Institute<\/em>, 26 mars 2026 (<a href=\"https:\/\/agsi.org\/analysis\/the-economic-impact-of-the-iran-conflict-on-the-gulf\/\">https:\/\/agsi.org\/analysis\/the-economic-impact-of-the-iran-conflict-on-the-gulf\/<\/a>) et Mona Yacoubian. \u00ab Vizualising Iran\u2019s Escalation Strategy \u00bb. <em>Center for Strategic and International Studies <\/em>(<em>CSIS<\/em>), 27 mars 2026 (<a href=\"https:\/\/www.csis.org\/analysis\/visualizing-irans-escalation-strategy\">https:\/\/www.csis.org\/analysis\/visualizing-irans-escalation-strategy<\/a>).<\/li>\n\n\n\n<li>55. Oman comme l\u2019Arabie saoudite b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une capacit\u00e9 relativement plus \u00e9lev\u00e9e d\u2019absorption des effets de la guerre avec l\u2019Iran en 2026, dans la mesure o\u00f9 une part significative de leurs flux commerciaux et de leurs exportations est achemin\u00e9e en dehors du d\u00e9troit d\u2019Ormuz, ou repose sur des m\u00e9canismes d\u2019\u00e9vitement strat\u00e9gique, tels que le pipeline de Yanbu, reliant l\u2019est \u00e0 l\u2019ouest du territoire saoudien. Par ailleurs, bien qu\u2019Oman et l\u2019Arabie saoudite cherchent \u00e0 attirer davantage d\u2019investissements directs \u00e9trangers dans le cadre de leurs programmes de diversification \u00e9conomique, leurs \u00e9conomies demeurent \u00e0 l\u2019heure actuelle moins d\u00e9pendantes des IDE et de la main-d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re que celles des \u00c9mirats arabes unis ou du Qatar. Cette moindre d\u00e9pendance renforce leur r\u00e9silience en p\u00e9riode de crise r\u00e9gionale et contribue, en retour, \u00e0 accro\u00eetre leur attractivit\u00e9 relative aupr\u00e8s des investisseurs, notamment dans des secteurs cl\u00e9s tels que la logistique.<\/li>\n\n\n\n<li>56. Mohamed A. Hussein, Amr Alkazaz. \u00ab Empty ships and shut wells : Why the Iran war oil crisis is not over yet \u00bb. <em>Al Jazeera<\/em>, 8 avril 2026 (<a href=\"https:\/\/www.aljazeera.com\/news\/2026\/4\/8\/empty-ships-and-shut-wells-why-the-iran-war-oil-crisis-is-not-over-yet\">https:\/\/www.aljazeera.com\/news\/2026\/4\/8\/empty-ships-and-shut-wells-why-the-iran-war-oil-crisis-is-not-over-yet<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>57. Maersk. \u00ab Middle East Operational Update 9 \u00bb, 12 mars 2026 (<a href=\"https:\/\/www.maersk.com\/news\/articles\/2026\/03\/12\/middle-east-operational-update-9\">https:\/\/www.maersk.com\/news\/articles\/2026\/03\/12\/middle-east-operational-update-9<\/a>)<\/li>\n\n\n\n<li>58. Karim El Taki. \u00ab Sanctions and Stigma : Regional and Global Ordering in the Gulf Crisis, <em>Middle East Critique<\/em>, 2024, pp. 6-9<\/li>\n\n\n\n<li>59. Si Oman a fait preuve d\u2019une certaine r\u00e9silience dans ses \u00e9changes avec le Qatar apr\u00e8s la crise du Golfe (2017-2021), les donn\u00e9es statistiques qataries recueillies en 2024 indiquent que cette position demeure essentiellement conjoncturelle. La relative stabilit\u00e9 des importations en 2023 en provenance du Sultanat contraste avec la mont\u00e9e en puissance de l\u2019Arabie saoudite, r\u00e9v\u00e9lant les limites de la capacit\u00e9 omanaise \u00e0 institutionnaliser un avantage logistique acquis en situation de crise. L\u2019essor du r\u00f4le omanais appara\u00eet ainsi moins comme une substitution durable que comme une solution de contournement logistique activ\u00e9e sous contrainte g\u00e9opolitique.<\/li>\n\n\n\n<li>60. Giorgio Cafiero, Samuel Ramani. \u00ab Duqm at the Crossroads : Oman\u2019s Strategic Port and Its Role in Vision 2040 \u00bb, <em>op.cit.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Article initialement publi\u00e9 le 11 mai 2026 par le CEDIRE (<a href=\"https:\/\/www.cedire.fr\/ebauche\/de-la-rente-au-hub-les-ambitions-logistiques-portuaires-de-la-diversification-economique-d-oman\">cedire.fr\/articles\/de-la-rente-au-hub-les-ambitions-logistiques-portuaires-de-la-diversification-economique-d-oman<\/a>) <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au centre de l\u2019attention r\u00e9gionale pour son r\u00f4le diplomatique, depuis le r\u00e8gne du Sultan Qabus bin Said (1970-2020), le Sultanat d\u2019Oman occupe \u00e9galement une position g\u00e9o-\u00e9conomique strat\u00e9gique en raison de son ouverture sur l\u2019oc\u00e9an Indien. Dans un contexte d\u2019instabilit\u00e9 du Golfe arabo-persique, cette localisation lui conf\u00e8re une connectivit\u00e9 relativement moins expos\u00e9e aux tensions affectant les &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":2154,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[63],"tags":[106,87,100,108,88,105,110,99,104,107,109,101,102],"class_list":["post-2151","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analyse","tag-ccg","tag-corridor","tag-diversification-economique","tag-duqm","tag-geoeconomie","tag-golfe","tag-jebel-ali","tag-oman","tag-ports","tag-salalah","tag-sohar","tag-vision-2020","tag-vision-2040"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2151","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2151"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2151\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2158,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2151\/revisions\/2158"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2154"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2151"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2151"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cermam.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2151"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}